Publié le 16/02/2011

UNE NOUVELLE STRATEGIE POUR L’ILE-DE-FRANCE

L’Île-de-France adoptera en mars sa Stratégie Régionale de Développement Économique et de l’Innovation pour la période 2011-2014. La Seine-et-Marne est pleinement associée à cette démarche, qui vise à promouvoir des filières prioritaires et à conforter l’innovation. Elle fait valoir ses atouts et veille à ce que cette démarche conjugue efficacité économique, excellence sociale, équilibre territorial et impératif écologique.

L’Île-de-France adoptera en mars sa Stratégie Régionale de Développement Économique et de l’Innovation pour la période 2011-2014. La Seine-et-Marne est pleinement associée à cette démarche, qui vise à promouvoir des filières prioritaires et à conforter l’innovation. Elle fait valoir ses atouts et veille à ce que cette démarche conjugue efficacité économique, excellence sociale, équilibre territorial et impératif écologique.

Autour de la Cité Descartes (Champs-sur-Marne) émergera ces prochaines années le pôle d’excellence du Grand Paris, dédié à la conception et à la construction de la “Ville Durable”.

La gare TGV de Chessy / Marne-la-Vallée accueille déjà chaque jour 55 trains à grande vitesse : TGV, Eurostar et Thalys. Elle permet des liaisons très rapides vers les grandes villes françaises et plusieurs capitales européennes.

L’INNOVATION EN APPUI DE LA CROISSANCE

L’innovation sous toutes ses formes sera au cœur de la nouvelle Stratégie Régionale de Développement Économique et de l’Innovation impulsée par l’Île-de-France jusqu’en 2014 pour maintenir son rang international et doper la croissance. Objectif annoncé  : faire un point de plus que la prévision nationale – aujourd’hui de 2%.

Microcertec à Collégien a été accompagnée financièrement par le Conseil général de Seine-et-Marne dans sa politique d’amélioration constante de ses process de production.

Après le schéma régional de développement économique (srde) d’île-de-france, voici la stratégie régionale du développement économique et de l’innovation (srdei). le “i” de “innovation” fait ainsi une apparition remarquée dans la politique que l’île-de-france entend mettre en œuvre ces quatre prochaines années. le terme de “stratégie” a aussi, très symboliquement, remplacé celui de schéma. “le srde a très bien rempli son rôle”, explique jean-paul planchou, vice-président du conseil régional en charge du développement économique, de l’emploi, des ntic, du tourisme, de l’innovation et de l’économie sociale et solidaire. les élus, comme les décideurs économiques, en sont aujourd’hui convaincus : le salut passera par l’innovation. or l’île-de-france ne manque pas d’atouts à faire valoir en la matière : elle réunit en effet sur son territoire le quart des universités françaises et le tiers des laboratoires de recherche.
en facilitant les transferts de technologie et l’innovation des pme/pmi, tant sur les produits et les services que sur les modes mêmes de production, la région entend donner un nouvel élan aux filières stratégiques et prioritaires que sont l’automobile, l’aéronautique, le tourisme ou l’image. et ceci avec deux priorités transversales : la lutte contre les inégalités territoriales et le développement durable.

Ces deux thématiques figurent en bonne place dans la réflexion que la région entend poursuivre ces prochaines semaines jusqu’à l’adoption de la nouvelle stratégie par l’assemblée régionale en mars. une stratégie que jean-paul planchou souhaite plus resserrée, volontariste et opérationnelle que le schéma précédent. les départements franciliens, le conseil économique et social régional, les représentants du patronat et des syndicats, mais aussi les pme/pmi à travers une enquête auprès d’un millier d’entrepreneurs, ont étroitement été associés au travers de quatre ateliers (voir ci-contre) qui serviront de base à l’élaboration d’un programme d’actions concrètes, rapidement mis en œuvre pour ne pas laisser passer le train de la reprise économique annoncée pour 2011.

La réflexion préalable à l’élaboration de la Stratégie Régionale du Développement Économique et de l’Innovation s’est organisée au dernier trimestre 2010 autour de quatre thèmes :

• Quelles filières stratégiques pour l’Île-de-France de demain  ? (Rapporteur : Agence Régionale de Développement)

• Quelles politiques publiques pour conforter l’innovation induite par les nouveaux facteurs de développement ? (Rapporteur : Centre francilien de l’innovation)

• Comment intégrer les axes majeurs de la SRDEI dans la stratégie territoriale régionale ? (Rapporteur : Institut d’aménagement et d’urbanisme)

• Comment conjuguer efficacité économique, excellence sociale et impératif écologique  ? (Rapporteur : coopération entre l’Atelier et l’Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies d’île-de-France)

 

INTERVIEW : Marc Knoll
Responsable du Pôle Attractivité à l’Agence Régionale de Développement Paris Île-de-France et rapporteur de l’atelier sur les filières stratégiques.
"L’Île-de-France s’appuie sur de nombreuses filières qui permettront de mener des fertilisations croisées."

Quelle était la mission dévolue à votre atelier ?
M. K. : Imaginer comment maintenir et renforcer le rang et la compétitivité de l’Île-de-France. Cela suppose une vision nouvelle, fondée sur le développement durable, l’innovation et une coopération accrue entre tous les acteurs.

Quels enjeux clés avez-vous identifié pour l’Île-de-France ?
M. K. : Il faut tout à la fois renforcer notre efficacité économique pour consolider l’emploi, développer notre attractivité et notre rayonnement international, réussir un développement humain et solidaire et favoriser un développement soutenable sur le plan environnemental.

Comment y parvenir ?
M. K. : Contrairement aux autres grandes métropoles, l’Île-de-France a la chance de garder une grande diversité de filières dites “de marché” ou “transverses”. De ces dernières doivent émerger, par des fertilisations croisées, des innovations porteuses d’activité et d’emplois. Notre groupe de travail a fait des propositions, notamment pour soutenir l’industrie dans une perspective de conversion écologique et permettre aux PME/PMI d’atteindre une taille critique.

 

DES ENJEUX TERRITORIAUX MAJEURS

Un des ateliers préalables à l’élaboration de la SRDEI posait la question de l’intégration des axes majeurs de cette politique dans la stratégie territoriale régionale. La Seine-et-Marne y a répondu.

Dans sa contribution au lancement de la nouvelle Stratégie Régionale du Développement Économique et de l’Innovation, le Conseil général de Seine-et-Marne fait valoir la “nécessité pour le Conseil régional d’avoir une approche territoriale de l’ensemble de sa politique filières”. Pour ce qui le concerne, le Département propose de valoriser les trois pôles de développement d’envergure métropolitaine que sont le territoire de Roissy (voir ci-contre), Marne-La-Vallée avec les cœurs de clusters de la ville durable (Cité Descartes) et du tourisme (Val d’Europe), et enfin Sénart/Melun qui fait figure de véritable fer de lance de la reconversion industrielle de la Seine-et-Marne.
Ce territoire dispose en effet d’infrastructures logistiques de premier ordre, doublées de zones d’activité permettant l’accueil de PME/PMI et d’un éco-site d’intérêt régional.
Sur ce territoire, le secteur de Villaroche est appelé à accueillir des activités de haute technologie, en particulier liées à l’aéronautique.

Le Conseil général n’oublie pas pour autant d’autres pôles d’importance départementale, précieux pour structurer les bassins de vie de grandes zones urbaines comme Melun, Meaux, Montereau-Fault-Yonne, Coulommiers, la Ferté-sous-Jouarre, Provins, Nemours, Nangis et Fontainebleau. Ces pôles administratifs, commerciaux et de service, présentent des potentiels significatifs de création d’emplois dans les secteurs de l’économie résidentielle. Cette cartographie de la Seine-et-Marne n’exclut pas pour autant les “aires de vulnérabilité économique” situées en frange du département. À dominante rurale et avec des activités traditionnelles fragilisées, elles bénéficient déjà d’un dispositif d’aides départementales destinées à accompagner les entreprises en création et en développement. Nécessaire, mais pas suffisant, pour les élus qui estiment que l’effort public ne doit pas se limiter aux seules questions du développement économique et de l’emploi. Les transports, le foncier, le logement, la formation, le renouvellement urbain et l’environnement doivent également être pris en compte dans des dispositifs contractuels et pluridisciplinaires pour donner de nouveaux atouts à ces territoires.
 

ROISSY EN POLE POSITION

2e plateforme aéroportuaire européenne pour le trafic (60 millions de passagers) et 1ère pour le fret, Paris-CDG concentre 700 entreprises et 92 000 emplois, auxquels s’ajoutent 56 000 emplois sur trois cantons.
1 million de passagers et 100 000 tonnes de fret supplémentaires y génèrent la création de 1 500 emplois directs. Elle constitue donc un territoire stratégique pour l’Île-de-France et la Seine-et-Marne.
Le Conseil général insiste sur la nécessité de renforcer l’accessibilité de la plateforme en intervenant tout à la fois sur le réseau routier et les transports en commun.

L’avenir de ce territoire passe également par le renforcement de l’attractivité de l’offre économique, notamment au travers de Hubstart Paris® et de ses six filières : l’aéronautique, les services aéroportuaires, la logistique et le fret, la sécurité et la sûreté, les éco-activités et le tourisme et les rencontres événements professionnels.

 

LA SEINE-ET-MARNE REPOND PRESENT !

La nouvelle stratégie économique mise en chantier par l’Île-de-France a trouvé un écho tout particulier en Seine-et-Marne. Le Département n’avait pas attendu cette opportunité pour engager une réflexion en profondeur sur son projet de territoire. C’est cette réflexion qui vient aujourd’hui nourrir la contribution seine-et-marnaise à la stratégie francilienne, de façon à ce que le plus grand département d’Île-de-France en tire les bénéfices escomptés.

La Seine-et-Marne est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Elle s’est considérablement transformée ces quarante dernières années. Sa population a plus que doublé – passant de 650 000 habitants en 1968 à 1 300 000 habitants aujourd’hui. Cette croissance a nécessité un effort colossal en matière d’infrastructures, d’équipements et de services, doublé d’un rééquilibrage conséquent entre habitat et emploi. Cette évolution sans précédent l’autorise aujourd’hui à espérer jouer un rôle essentiel dans le développement économique de la région capitale. Elle entend notamment être reconnue pour ses secteurs d’excellence et ses filières de pointe tels que le tourisme ou les éco-activités appliquées à la ville durable. Son industrie, moderne et innovante, a également une belle carte à jouer pour anticiper les nouveaux besoins de la croissance verte et offrir des emplois qualifiés à ses habitants. Autre enjeu pour le département : valoriser des fonctions supports pour l’Île-de-France. C’est notamment le cas pour la logistique (premier département francilien en termes de tonnage et de surface d’entrepôts) identifiée comme telle dans le Schéma régional de développement économique précédent et pour l’agriculture (341 000 ha, soit 58% du territoire).
Enfin, la Seine-et-Marne doit améliorer sa capacité d’accueil pour attirer et conserver de nouveaux habitants. L’économie résidentielle qui en découle peut être un des moteurs majeurs de son développement, permettant la création d’emplois diversifiés et accessibles à tous.

 

CHEF DE FILE POUR L’ECO-CONSTRUCTION

Parmi les cinq chantiers prioritaires de Seine-et-Marne en projets figure celui de bâtir le territoire modèle de la construction durable(1). Trois enjeux ont été identifiés. D’abord rendre durable le secteur des matériaux de construction en termes de préservations des ressources naturelles et de pérennité économique. Ensuite, élever la compétitivité des activités. Enfin, valoriser les métiers de l’éco-construction en créant de nouveaux parcours professionnels et en adaptant les structures de formation.

(1)Les autres chantiers portent sur l’accessibilité et la qualité des services pour tous, le développement et l’innovation “nouvelles clés pour la mobilité”, la diversification de l’offre touristique et de loisirs et l’invention d’un nouvel équilibre ville-nature.

 

INTERVIEW : Anne-Marie Romera
Directrice du département Économie et Développement local à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la Région Île-de-France Paris et rapporteur de l’atelier sur les enjeux territoriaux.
“Chaque territoire possède son attractivité propre et une capacité d’entraînement à développer par des interventions croisant l’économie avec les autres champs”

Tous les territoires franciliens sont-ils concernés par la Stratégie Régionale du Développement Économique et de l’Innovation ?
A.-M. R. : Oui, mais à des degrés divers, selon des priorités à établir. Plusieurs sont déjà très attractifs et ont une capacité d’entraînement sur leur environnement. Certains sont autonomes dans leur développement propre, lequel ne bénéficie cependant pas à leurs voisins. D’autres, enfin, sont en décalage et il faut développer leur potentiel.

À la lecture de cette hiérarchie, comment se situe la Seine-et-Marne ?
A.-M. R. : Elle ne manque pas d’atouts, notamment avec Roissy et Marne-la-Vallée qui possèdent une capacité d’entraînement nationale. L’agglomération de Melun possède également un beau potentiel. Son attractivité doit être confortée.

Il y a forcément des inégalités. Comment peut-on les réduire ?
A.-M. R. : En graduant l’intervention de la collectivité. Selon les cas, il conviendra d’aider les entreprises et les équipes de ces territoires sur l’aide à la création d’entreprise, l’innovation, la conversion écologique, l’immobilier…

Tags: 

Abonnez-vous à notre newsletter

Format : 11/2017
Format : 11/2017