Publié le 10/12/2010

SPEC : un pôle de compétences dédié à l'avion du futur

Travailler les technologies en amont pour préparer l’avion “tout électrique” de demain. Tel est l’objectif de SPEC (Safran Power Electronics Center), l’un des fers de lance de la recherche au sein du groupe Safran, équipementier international de haute technologie et leader en aéronautique, défense et sécurité.

Travailler les technologies en amont pour préparer l’avion “tout électrique” de demain. Tel est l’objectif de SPEC (Safran Power Electronics Center), l’un des fers de lance de la recherche au sein du groupe Safran, équipementier international de haute technologie et leader en aéronautique, défense et sécurité.

Régis Meuret, Responsable et animateur de SPECUn avion “tout électrique” ? La réalisation n’est pas encore à l’ordre du jour, mais l’idée suit son cours.

La preuve ? Le groupe Safran abrite en son sein SPEC, un pôle de compétences entièrement dédié à l’électronique de puissance – domaine tout à fait nouveau pour le secteur de l’aéronautique. “Cette structure transverse est destinée à fédérer les filiales du Groupe et à créer une véritable dynamique autour de l’avion du futur, électrique plus qu’hydraulique”, précise Régis Meuret, responsable et animateur de SPEC.
Car l’enjeu est de taille et Safran ne peut pas se permettre de mal négocier ce qui s’annonce comme un tournant décisif.

MOINS DE CARBURANT ET MOINS DE POLLUTION

“Le moteur, le réacteur, les pompes, le train d’atterrissage, les freins… initialement, tous ces organes étaient mus ou controlés par des systèmes hydrauliques, rappelle Régis Meuret. Or, l’électronique permet de gagner en masse par rapport à l’hydraulique. Et qui dit réduction de masse dit économie de carburant et donc moins de pollution.”
Le pôle a été lancé en 2004, dans la foulée de la mise au point de l’inverseur de poussée de l’Airbus A380, premier actionneur électrique au monde, développé par Hispano-Suiza. Rien d’étonnant alors que ce soit cette filiale de Safran qui pilote aujourd’hui SPEC. Et c’est également Hispano-Suiza qui accueille, sur son site de Réau, au travers de sa division SAFRAN POWER, le laboratoire du pôle de compétences. Des spécialistes en électronique de puissance, thermique et compatibilité électromagnétique, travaillent sur les électroniques en milieu sévère, utilisant notamment des enceintes thermiques pour mettre les équipements en simulation de charge. “Les conditions sont extrêmes, explique Régis Meuret, avec des températures qui peuvent aller de -50 à +200 degrés.”

L’ALLIANCE DE L'INDUSTRIE ET DE LA RECHERCHE

Les travaux lancés dans le cadre de SPEC s’organisent en cinq grands thèmes, parmi lesquels “réseau électrique et environnement” et “refroidissement de l’électronique de puissance”, eux-mêmes déclinés en quinze actions de recherche comme le refroidissement de l’électronique de puissance, la fiabilité des composants, le moteur synchrone ou la tension du réseau... Chaque action est pilotée par une filiale du Groupe, menée en coopération avec les autres filiales intéressées et, bien souvent, en partenariat avec des laboratoires de recherche extérieurs, voire avec des entreprises ayant des compétences dans ce domaine. C’est notamment le cas du projet SEFORA, conduit en partenariat avec la société Eurofarad (voir encadré ci-contre).
SAFRAN POWER, dont fait partie le pôle SPEC, supervise une centaine de personnes, des ingénieurs mais également des doctorants qui partagent leur temps entre Safran et leur laboratoire. “Cela nous assure un lien continu et solide avec le monde de la Recherche”, assure Régis Meuret. Le programme s’appuie sur un vaste réseau académique incluant notamment Supélec, l’Inrets (Institut national de recherche sur les transports et la sécurité) et le CNRS, avec qui le groupe a même conclu un accord cadre.
SPEC soigne tout particulièrement ses thésards : il a mis en place pour eux un système de logements à Moissy-Cramayel et leur offre la possibilité d’aller étudier aux États-Unis dans des universités américaines comme celle de Virginia Tech, à Blacksburg.
Si l’avion tout électrique voit le jour, aucun doute : SPEC fera partie de l’aventure !

LE PROJET SEFORA

SEFORA est l’acronyme de Smart EMA (actionneur électro-mécanique) For Operations in Rough Atmospheres. Ce projet est mené par SPEC, en partenariat avec, côté entreprises, Dassault Aviation, Schlumberger, Eurofarad et, côté laboratoires, Supélec, le SATIE et l’Université de Cergy-Pontoise. Il a pour but de réaliser et tester de nouveaux composants électroniques moteur capables de fonctionner en milieu sévère, c’est-à-dire de résister à des températures pouvant atteindre les 200°C. Dans le cadre de son adhésion au pôle de compétitivité ASTech Paris Région, le Conseil général a accompagné financièrement ce projet.

SOURCE
Trajectoires n° 18 – NOVEMBRE DÉCEMBRE 2010

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Format : 06/2017
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