Publié le 24/03/2011

SENART POURSUIT SA MARCHE EN AVANT

En 2013, Sénart fêtera son 40e anniversaire. L’âge de la maturité pour une agglomération en pleine expansion qui construit des logements, s’équipe et se désenclave à un rythme soutenu pour accompagner son essor économique. La ville nouvelle veille à respecter les grands équilibres d’un développement qu’elle veut durable.

En 2013, Sénart fêtera son 40e anniversaire. L’âge de la maturité pour une agglomération en pleine expansion qui construit des logements, s’équipe et se désenclave à un rythme soutenu pour accompagner son essor économique. La ville nouvelle veille à respecter les grands équilibres d’un développement qu’elle veut durable.

Carré Sénart se place sous le signe du plaisir et de la détente. La lumière pénètre dans le centre au travers de 6000 m² de verrières.

 

 

 

 

La Croix du Sud – ensemble immobilier au cœur du Carré.

 

 

 

 

UNE ECONOMIE EN FORTE DIVERSIFICATION

La logistique et le commerce ne constituent plus les seuls piliers du développement économique de Sénart. La diversification engagée il y a quelques années porte ses fruits.

Le TGV peut-être, l’école d’ingénieurs (ICAM) sûrement, un nouveau théâtre et le bus TZen assurément : la ville nouvelle de Sénart met les bouchées doubles pour poursuivre son développement sur le Plateau de Brie. Depuis sa création en 1973 pour organiser la folle croissance de l’Île-de-France, “Sénart a toujours veillé à construire un pôle équilibré offrant emplois, logements, infrastructures de dessertes et équipements”, résume le Président du Syndicat d’Agglomération Nouvelle (SAN), Jean-Jacques Fournier. Pari gagné. En 40 ans, la population des huit communes du SAN est passée de 25 000 à 100 000 habitants. Et probablement 120 000 en 2015, pour satisfaire la demande de l’État, l’autre acteur majeur du développement de Sénart via l’Établissement Public d’Aménagement (EPA). Mais plus d’habitants implique plus d’emplois à offrir. Cet autre défi nécessite une diversification économique sur un territoire jusqu’à présent principalement tourné vers la logistique et le commerce.

 

Les éco-activités en première ligne

Nous travaillons dans trois directions”, détaille Michel Bisson, Président de l’EPA et Vice-Président du SAN en charge de l’économie. “La première vise à conforter l’accueil et le développement des entreprises, notamment au travers des deux leviers majeurs que sont les transports et la formation supérieure.” Les deux autres axes de développement sont plus ciblés, l’un sur les activités technologiques industrielles sur le territoire sénartais, adjacent à l’aérodrome de Villaroche et l’autre sur les éco-activités. “Plus particulièrement la performance énergétique et l’éco-construction”, indique Michel Bisson. “La commercialisation de l’écopôle va démarrer sur deux ZAC (180 ha), de part et d’autre de la Francilienne. Nous y prévoyons un hôtel/pépinière d’entreprises dédié à ces thématiques.”

Ce positionnement sur la performance énergétique passe par la création d’un club des éco-activités et la recherche de complémentarités. “Nous travaillons avec Seine-et-Marne Développement, le pôle de compétitivité Advancity et le pôle Matériaux Nouvelle Génération de Moret-Seine-et-Loing.”

Sans oublier la formation, avec la volonté de constituer un pôle des sciences de l’ingénieur, réunissant public et privé, dont l’UPEC et l’ICAM seraient les premiers éléments.

Le centre commercial Carré Sénart

 

 

 

 

 

 

Sénart en bref
 
1973
Création de la ville nouvelle Melun-Sénart regroupant 18 communes du Grand Melun, de Sénart Ville Neuve et des Bords de Seine (Essonne).
 
1983
La ville nouvelle est finalement ramenée à 10 communes réunies au sein du SAN de Sénart (8 communes en Seine-et-Marne : Cesson, Combs-la-Ville, Lieusaint, Moissy-Cramayel, Nandy, Réau, Savigny-le-Temple, Vert-Saint-Denis) et du SAN de Sénart en Essonne (2 communes en Essonne : Tigery et Saint-Pierre-du Perray).
 
Sénart en Seine-et-Marne, c’est :
- 9 760 hectares
- 100 000 habitants
- 36 600 emplois
- 2 900 entreprises
- 15 parcs d’activités
- 2 500 étudiants de l’Université Paris Est Créteil Val-de-Marne (UPEC, ex Paris 12) regroupant l’IUT Sénart-Fontainebleau, l’UFR Lettres et Sciences Humaines, l’UFR Sciences et Technologies et l’UFR SESS STAPS
- Paris Gare de Lyon à 35 minutes en RER (4 gares)
- Orly à 20 minutes et Paris-CDG à 40 minutes
- Une desserte par la Francilienne et l’A5 connectées aux grands axes autoroutiers A1, A4, A6 et A10
- La mise en service en juin 2011 du TZen, autobus à haute qualité de service reliant Sénart à Corbeil sur 17 km dont 13 en site propre (puis à terme Évry et Melun)

 

INTERVIEW : Laure Mouchot. Directrice du centre commercial Carré Sénart.
La création de transports en communs performants va renforcer l’attractivité de Carré Sénart.” .Laure Mouchot. Directrice du centre commercial Carré Sénart.
Près de dix ans après son ouverture, le centre commercial Carré Sénart a-t-il atteint ses objectifs ?
L. M. : Les ratios sont satisfaisants : nous sommes dans la roue d’un centre comme Rosny 2 doté d’une zone de chalandise plus importante. La première année, le centre(1) a attiré 10 millions de visiteurs. Aujourd’hui, plus de 14 millions par an. Entretemps, il y a eu des investissements significatifs : le plus grand bowling d’Île-de-France sur 6 000 m2 (32 pistes), des restaurants et le Shopping Parc apportant près de15 000 m2 de surface avec de nouvelles enseignes clefs telles que Cultura. Cette progression devrait croitre avec la mise en service de transports en communs et la construction de logements.
Quels sont vos projets de développement ?
L. M. : L’extension du Shopping Parc, qui doublera sa superficie à l’horizon 2012. Et l’accueil de nouvelles enseignes novatrices ou inédites afin de compléter l’offre commerciale du centre. Par exemple une nouvelle enseigne alimentaire spécialisée dans le bio et des marques prestigieuses dans le secteur du loisir.
(1)65 000 m2 de vente, 1 hyper, 15 moyennes surfaces, 140 boutiques, un multiplexe Gaumont de 16 salles, 2 000 emplois.

 

L’IMMOBILIER D’ENTREPRISE OUVRE LA VOIE

Depuis cinq ans, la création d’une offre immobilière et de services adaptée aux besoins des entreprises a accéléré la diversification économique de l’agglomération sénartaise.

Quelques mois après son ouverture, l’immeuble de bureaux Carré Haussmann affiche déjà complet au Carré Sénart. Une quarantaine d’entreprises ont loué les

3 600 m2 et un 2e immeuble est lancé en location/vente. Toujours avec la même stratégie gagnante : une offre divisible à partir de 20 m2.

6 000 m2 vont également sortir de terre sur le campus de Lieusaint, annonce Frédéric Cavan, le directeur du développement économique à l’EPA Sénart. Dans les deux années à venir, huit bâtiments seront construits pour un total de 16 000 m2.

Le Carré Sénart, notamment, est très apprécié pour la qualité des constructions HQE et les services proposés qui nous distinguent de la concurrence. Du coup, les prix sont sensiblement supérieurs (170 € le m2) sans nuire à l’attractivité des programmes.”

 

Une offre “à la carte”

La même logique prévaut pour les locaux d’activités. L’EPA développe une offreà la carte” qui séduit les entreprises. 2010 a totalisé 30 000 m2 de transactions et 36 000 m2 supplémentaires vont sortir de terre d’ici 2013, en particulier à Lieusaint (Parc du Levant) ou à proximité de la gare de Savigny-le-Temple.

La situation est plus contrastée pour l’immobilier d’entrepôt avec un stock de 200 000 m2 disponibles. “Mais tout peut aller très vite”, observe Frédéric Cavan. “En 2010, nous n’avons enregistré que 3 transactions, mais elles portaient sur 75 000 m2.”

La situation globale est donc plutôt positive pour la ville nouvelle qui ne manque pas d’espaces à aménager dans les 15 ans à venir. Témoin : les 130 ha du Parc de Réau destinés aux grandes entreprises industrielles et logistiques avec une connexion ferroviaire. Bergerat Monnoyeur (groupe Caterpilar) vient de s’y implanter (100 emplois).

Pour conforter cet élan, l’EPA met également en avant la qualité des services proposés aux entreprises et à leurs salariés. Au Carré Sénart, des projets se précisent (hôtellerie, salles de sports…) et une crèche interentreprises est en réflexion. Quant à la Maison de l’Emploi, elle multiplie les services performants tels que la gestion territoriale des emplois et compétences.

 

La Pépinière d’entreprises s’agrandit
Accueillie dans un bâtiment du SAN, au sein du parc d’activités du Château d’Eau à Moissy-Cramayel, qu’elle partage avec la Maison de l’Emploi, la Pépinière d’entreprises de Sénart achève d’importants travaux de reconfiguration de ses locaux. “Avec l’aménagement de 15 bureaux supplémentaires, notre capacité d’accueil croît de 30%”, se réjouit son directeur Thomas Guilmet. “Nous affichions complet avec 17 entreprises. Dès à présent, nous allons pouvoir étudier une demi-douzaine de candidatures et nous misons sur 20 à 25 résidents avant fin 2011. Le raccordement au réseau départemental à très haut débit renforce également notre attractivité.”
Le chantier a également permis la réhabilitation des façades et de parties communes ainsi que la création d’un ascenseur extérieur accessible aux personnes à mobilité réduite.

 

LA VILLE S’EQUIPE POUR ACCUEILLIR SES NOUVEAUX HABITANTS

Le développement économique conduit par le Syndicat d’Agglomération Nouvelle et l’Établissement Public d’Aménagement ne peut se résumer à la production de locaux et à la diversification des activités. Il faut aussi offrir aux salariés et à leurs familles des logements, des équipements et des services de qualité.

Le logement constitue la priorité numéro 1 pour fixer les salariés sur Sénart et leur éviter d’inutiles déplacements quotidiens. C’est la raison pour laquelle la ville nouvelle a prévu six zones d’aménagement concerté dont l’objectif est clairement affiché : 8 000 logements d’ici 10 ans. “Celle des Pyramides existe déjà à Lieusaint. 1 500 logements y ont été construits et 2 000 supplémentaires sont à venir au rythme de 200 par an”, annonce Bruno Depresle, le directeur de l’EPA.

Nous engagerons la création des cinq autres dans l’année à venir, avec la volonté d’en faire de véritables éco-quartiers.” C’est L’EPA qui a la main en sa qualité d’aménageur.

 

Bientôt un nouveau théâtre

Le SAN, de son côté, se consacre à la réalisation d’équipements structurants. Le grand dossier du moment, c’est la réalisation d’un nouveau théâtre au Carré Sénart qui s’affirme comme le véritable cœur de l’agglomération.

Le projet sera approuvé par les élus fin mars”, annonce Jean-Jacques Fournier, le Président du SAN. “Il s’appuie sur le beau succès de la Scène Nationale dont les locaux ne sont plus adaptés. Nous prévoyons donc la construction de deux salles sur 6 500 m2, soit un investissement de 35 M€”. Le SAN réfléchit aussi à la réalisation d’une halle couverte d’athlétisme.

Pour l’heure, la grande nouvelle, c’est l’arrivée annoncée de l’ICAM. Après Nantes, Toulouse ou Vannes, l’Institut Catholique d’Arts et Métiers, historiquement basé à Lille, a décidé de s’implanter en Île-de-France. Au terme d’une sévère compétition avec Saclay et Versailles, l’école d’ingénieur a finalement opté pour Sénart. “Cette annonce reste à confirmer avec la signature d’une convention en mai”, précise Jean-Jacques Fournier. Une fois le tour de table financier achevé, les choses pourraient aller très vite avec l’accueil d’une première promotion en septembre 2012. Ce serait une très bonne nouvelle pour un pôle d’enseignement supérieur en pleine croissance (cf. encadré).

Son industrie, moderne et innovante, a également une belle carte à jouer pour anticiper les nouveaux besoins de la croissance verte et offrir des emplois qualifiés à ses habitants. Autre enjeu pour le département : valoriser des fonctions supports pour l’Île-de-France. C’est notamment le cas pour la logistique (premier département francilien en termes de tonnage et de surface d’entrepôts) identifiée comme telle dans le Schéma régional de développement économique précédent et pour l’agriculture (341 000 ha, soit 58% du territoire).

Enfin, la Seine-et-Marne doit améliorer sa capacité d’accueil pour attirer et conserver de nouveaux habitants. L’économie résidentielle qui en découle peut être un des moteurs majeurs de son développement, permettant la création d’emplois diversifiés et accessibles à tous.

IUT Sénart/Fontainebleau – Site de Sénart

 

 

 

 

 

Des Investissements sur le Campus
L’arrivée, étalée sur plusieurs années, des 1 000 élèves ingénieurs de l’ICAM dans des locaux mis à disposition par le SAN, donnerait un formidable coup d’accélérateur à un campus sénartais en pleine expansion. En 10 ans, ce site de l’Université Paris Est Créteil Val-de-Marne (UPEC) est passé de 1 400 étudiants et 8 formations à 2 500 étudiants et 28 formations.
Cette croissance impose de nouveaux locaux. Deux, sont déjà au programme. Une bibliothèque universitaire financée par la Région (5 M€) ouvrira en 2014 et un permis de construire va être déposé pour un bâtiment de 2 000 m2 destiné à accueillir les licences professionnelles (8 M€ co-financés par la Région et le Conseil général de Seine-et-Marne). Une Maison de l’étudiant est également à l’étude.

 

INTERVIEW : Bruno Depresle. Directeur de l’Établissement Public d’Aménagement de Sénart.
La création d’une gare TGV serait un formidable coup de pouce pour le développement durable de Sénart”. Bruno Depresle.Directeur de l’Établissement Public d’Aménagement de Sénart.
Sénart a fait acte de candidature pour accueillir une gare TGV dans le cadre de la réalisation de l’interconnexion Sud des TGV en Île-de-France. Quels sont ses atouts ?
B. D. : D’abord celui de présenter un potentiel de croissance immédiate sans équivalent en Île-de-France. Que ce soit en termes de logements ou en termes économiques avec 10 à 12 000 logements et davantage d’emplois susceptibles d’être créés dans les dix ans à venir sur des ZAC en cours ou décidées. Plus largement, une gare TGV à Sénart bénéficierait directement aux deux villes préfecture de Melun et Évry. C’est donc une candidature au profit d'un bassin de 400 000 habitants.
Quelles sont vos chances de l’emporter ?
B. D. : Je suis confiant. Notre candidature est portée par tous les élus seine-et-marnais. Nous y verrons plus clair en mai à l’issue du débat public. Réseau Ferré de France fera connaître ses conclusions au début de l’automne. Une décision positive serait un signe fort en faveur de notre territoire et de la densification de son cœur de ville dans l’esprit de développement durable qui s’impose dorénavant.

 

SOURCE

Trajectoires n° 20 – AVRIL-MAI 2011

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Format : 10/2017
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