Publié le 06/06/2014

“Paris-Est D.School” à Marne-la-Vallée : les pédagogies du futur

Installée dans le bâtiment Coriolis à la Cité Descartes, la “Paris-Est d.school”, s’inscrit dans le cadre d’IDEFI, appel à projet du Ministère de l’Enseignement et de la Recherche. Associant l’ESIEE, l’UPEM, l’école des Ponts ParisTech, l’ENSAVT et l’EIVP, elle vise une nouvelle génération de formations en innovation, sur le modèle du concept américain de design thinking.

Installée dans le bâtiment Coriolis à la Cité Descartes, la “Paris-Est d.school”, s'inscrit dans le cadre d'IDEFI, appel à projet du Ministère de l'Enseignement et de la Recherche. Associant l'ESIEE, l'UPEM, l'école des Ponts ParisTech, l'ENSAVT et l'EIVP, elle vise une nouvelle génération de formations en innovation, sur le modèle du concept américain de design thinking.

Levi-Strauss, Piaget, Merleau Ponty...
Les références théoriques de la “Paris-Est d.school” s'étendent du structuralisme au constructivisme en passant par la phénoménologie. Un terrain de jeu bien éloigné du design tel qu'on l'enseigne habituellement dans les écoles d'art appliqué. C'est que la “Paris-Est d.school”, consortium de cinq partenaires académiques (ESIEE, UPEM, École des Ponts Paris Tech, École nationale d'architecture de la ville et des territoires et École des ingénieurs de la ville de Paris) revendique une approche multidisciplinaire du design, centrée sur l'humain.

Un concept venu des États-Unis
« Le “d”, c'est pour design thinking », explique Véronique Hillen qui dirige l'école. “L'expression a été lancée par David Kelley, fondateur d'IDEO, le plus gros cabinet d'innovation au monde. Que ce soit un produit, un service, une culture, le design thinking utilise les méthodes et les outils du designer, mais avec un objectif très précis : trouver ce qui est au croisement de la désirabilité, de la faisabilité par des technologies existantes et, bien sûr, de la viabilité économique, pour l'organisation qui souhaite innover”.

De l'étude ethnographique à l'innovation technologique
Le design thinking se décline en trois étapes. L'inspiration tout d'abord, s'appuie sur des recherches ethnographiques. Les étudiants de la “Paris-Est d.school” qui devaient travailler sur l'éclairage et le jardin d'une maison de retraite, ont ainsi commencé par s'entretenir avec des résidents et des experts. La seconde étape, l'idéation, néologisme emprunté à l'anglais, consiste à émettre des idées et à, très rapidement, passer au prototypage. Dans le cas de la maison de retraite, les étudiants ont ainsi installé sans attendre des premiers prototypes de lampes, afin d'observer comment les résidents et le personnel se les appropriaient.

Une pédagogie de terrain
“La troisième étape – celle de la mise en œuvre – est plus classique. Mais l'inspiration et l'idéation sont très atypiques” détaille Véronique Hillen. “En France, l'enseignement est lié traditionnellement à une connaissance théorique et analytique. Nous privilégions au contraire la connaissance liée au terrain, à l'expérimentation, à l'interaction”. Cette approche pédagogique est très largement inspirée des campus américains. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, au terme de directrice, Véronique Hillen préfère celui de doyenne - dean en anglais.

Trois types de formations
Opérationnelle depuis septembre dernier, la “Paris-Est d.school” propose trois types de formations pédagogiques : des initiations, des cours de niveau intermédiaire (entre une demi-journée et une journée par semaine sur un semestre) et enfin, une formation “niveau expert”, soit l'équivalent d'un master complet. La pédagogie de l'école s'articulant autour de projets réels, cette dernière formation, assez coûteuse, est financée par des entreprises.

Des partenaires privés
Cette année, les entreprises Valéo, Thalès et Lapeyre ont ainsi financé chacune deux équipes de quatre étudiants : l'une dans les locaux de Marne-la-Vallée, l'autre dans l'une des d.Schools partenaires : à Stanford, Helsinki ou Postdam. Après une première année menée avec succès, Véronique Hillen compte bien continuer sur sa lancée. “Notre objectif est de passer de 150 élèves à 300, avec l'ouverture d'une demi-douzaine de cours supplémentaires”. 

 

 

“Nous privilégions la connaissance liée au terrain, à l'expérimentation, à l'interaction.”
Véronique Hillen, directrice de l'école 

 

 

 

 

 

 

 

 

D.SENIORS
D.seniors est le premier cours inter-établissements créé par “Paris-Est d.school ”. Il met l'élève dans la peau d'un innovateur au service des problématiques du grand âge. à travers leurs travaux de recherche, sur le terrain notamment, les élèves doivent acquérir des connaissances sur les enjeux et réalités liés aux problématiques des seniors en perte d'autonomie. Sur l'année 2013/2014, l'école a mis en place un partenariat avec la Fondation Favier Val-de-Marne autour de deux projets : repenser l'éclairage des chambres et réinventer l'accès au jardin. 

 

SOURCE

Trajectoires n° 36 –JUIN-JUILLET-AOÛT 2014

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Format : 11/2017
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