Publié le 10/12/2010

MAI : la nouvelle tête chercheuse d'EDF

Le 16 novembre dernier, EDF inaugurait les nouveaux laboratoires du Material Ageing Institute sur le site des Renardières, à Moret-sur-Loing. Fondé en janvier 2008, le MAI a pour vocation de fédérer les compétences autour du thème du vieillissement des matériaux dans les centrales électriques.

Le 16 novembre dernier, EDF inaugurait les nouveaux laboratoires du Material Ageing Institute sur le site des Renardières, à Moret-sur-Loing. Fondé en janvier 2008, le MAI a pour vocation de fédérer les compétences autour du thème du vieillissement des matériaux dans les centrales électriques.

Jan Van Der LeeSurveillez bien ce qui va être publié cette année dans Nature et Science, il y aura forcément des articles venant de chez nous !».
Certes, Jan Van Der Lee, le directeur du Materials Ageing Institute, ne s’embarrasse pas de fausse modestie : le magazine Nature et la revue Science comptent parmi les publications scientifiques les plus réputées au monde... Mais il a toutes les raisons d’être optimiste. Créé il y a à peine plus de deux ans, le MAI attire déjà des chercheurs du monde entier, venus apprendre, échanger, réfléchir avec un objectif commun : anticiper le vieillissement des centrales nucléaires en augmentant, en toute sécurité, la durabilité des matériaux, des composants et des structures. «Dans une centrale nucléaire, les métaux sont en contact pendant longtemps avec de l’eau très chaude, sous très haute pression et en partie sous irradiation, explique Jan Van Der Lee. La plus grande partie de nos troupes travaille donc sur la corrosion et la compréhension de ce phénomène.»

Un champ de recherche très pointu mais particulièrement stratégique : si les centrales nucléaires ont actuellement une durée de vie de quarante ans, les scientifiques sont de plus en plus convaincus de pouvoir les faire durer au-delà, dans des conditions optimales. Aujourd’hui, ils parlent même de soixante ans. «Le MAI a été pensé et créé pour être un support scientifique de recherche sur le long terme pour les ingénieurs qui travaillent sur la durée de vie des centrales nucléaires», précise Jan Van Der Lee.
Et qui de mieux qualifié qu’EDF pour piloter et démarrer cet ambitieux projet ?
Avec 58 réacteurs en France, l’opérateur est de loin le premier exploitant de centrales nucléaires dans le monde : il possède, à ce titre, une expérience incomparable.

MAI à Moret-sur-LoingTout naturellement, c’est donc au sein de ses équipes qu’est né le MAI. Pour lui donner vie, EDF s’est associé à deux partenaires de taille : Electric Power Institute qui représente l’ensemble des exploitants des centrales aux États-Unis et Tokyo Electric Power Company, le premier électricien au Japon. Depuis novembre dernier, le MAI, dont les activités étaient jusque là dispersées sur des sites appartenant à chacun des trois partenaires, possède ses propres locaux à Moret-sur-Loing. Soit un bâtiment de 1 400 m², comprenant des laboratoires, des salles de réunions, des bureaux et un amphithéâtre.
Le budget de fonctionnement de l’institut est aujourd’hui de 9 millions d’euros par an – un montant pris en charge à 50 % par EDF, dont sont issus la majorité des 80 chercheurs et techniciens travaillant pour le programme de recherche et développement du MAI. Ils sont rejoints sur place par des chercheurs étrangers, pour des séjours pouvant aller de quelques semaines à un an. «Notre volonté est de centraliser la recherche, d’être un lieu d’échange d’idées, et de rencontre entre experts mais également un lieu de formation : nous accueillons de nombreux thésards», ajoute Jean Van Der Lee. Une partie des études du MAI se fait ainsi en extérieur avec des partenaires scientifiques et académiques, comme les Mines de Paris, Polytechnique, l’École Nationale d’Arts et Métiers, la Michigan University et le MIT aux États-Unis, la Tokoku University au Japon et la Manchester University en Grande-Bretagne.

L’avenir ? Le rayonnement du MAI devrait encore croître : depuis janvier, l’institut compte un nouveau partenaire, Kansai Electric Power Company, le deuxième exploitant du Japon. Des discussions sont de plus actuellement en cours avec des exploitants allemands ainsi qu’avec GDF Suez.

+ d’informations : www.themai.org

LE TITAN

Le Titan est un outil clé du MAI.
Ce microscope à 5 millions d’euros, dont il existe très peu d’exemplaires dans le monde, possède la plus grande résolution jamais atteinte puisqu’il permet d’observer un échantillon atome par atome. Extrêmement sensible, il se devait d’être installé le plus à l’abri possible des vibrations des voitures et des ondes électromagnétiques.
L’emplacement idéal a été fixé au préalable et le bâtiment n’a été construit qu’ensuite, autour dudit emplacement. Il repose sur une dalle de béton de 6 m², dissociée de la dalle sur laquelle est construit le reste de l’édifice.

SOURCE
Trajectoires n° 14 – FÉVRIER MARS 2010

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Format : 08/2017
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