Publié le 04/04/2013

L'Ifsttar à Marne-la-Vallée : zoom sur les transports de demain

Le siège de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), né en janvier 2011, est implanté à Marne-la-Vallée. Cet EPST (établissement public à caractère scientifique et technologique) est le plus grand centre européen d'étude des transports. Il multiplie les collaborations avec des laboratoires prestigieux et les plus grands noms des domaines des transports et du génie civil.

“Il y a forcément interaction entre la ville et les systèmes de transports. Ils constituent son système veineux.” Hélène Jacquot-Guimbal, directrice générale de l'Ifsttar

Hélène Jacquot-Guimbal, directrice générale de l'Ifsttar

 

 

 

 

 

 

 

Le siège de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (Ifsttar), né en janvier 2011, est implanté à Marne-la-Vallée. Cet EPST (établissement public à caractère scientifique et technologique) est le plus grand centre européen d'étude des transports. Il multiplie les collaborations avec des laboratoires prestigieux et les plus grands noms des domaines des transports et du génie civil.

“Il n'est plus question aujourd'hui d'imaginer un transport sans imaginer le système de transports qui va avec : c'est de ce constat qu'est né l'Ifsttar” explique Hélène Jacquot-Guimbal, retraçant la genèse de l'Institut qu'elle dirige. Cet établissement est issu de la fusion, en janvier 2011, de l'Inrets (Institut national de recherche sur les transports et la sécurité) et du LCPC (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées). “Le premier travaillait sur les véhicules et la sécurité des utilisateurs, le second sur les infrastructures de transports. Il était donc tout naturel qu'un jour, ils fusionnent”.

Le plus grand centre européen consacré à l'étude des transports
Résultats de la fusion : un siège commun à Marne-la Vallée, 1 200 collaborateurs (chercheurs, étudiants, doctorants, techniciens, ingénieurs, fonctions support), répartis sur 9 sites en France, un budget annuel de 120 millions d'euros, des partenariats avec des Grandes écoles et des laboratoires universitaires du monde entier (dont Berkeley et le Massachusetts Institute of Technology) et enfin, des contrats pour des études destinées à tous les grands noms ou presque des transports et du génie civil : Renault, Vinci, Valéo, Peugeot, Toyota, RFF, SNCF, etc. L'Ifsttar est aujourd'hui le plus grand centre de recherche européen sur les transports, recouvrant à la fois l'étude des infrastructures, des véhicules et des services de demain. “A l'heure actuelle, précise Hélène Jacquot-Guimbal, nous essayons de créer la route à haut niveau de services : déneigement automatisé, communication et échange d'énergie entre l'infrastructure, le véhicule et le gestionnaire du réseau, résilience aux évènements climatiques, etc.”

Des équipes pluridisciplinaires
L'approche globale de l'Ifsttar s'appuie sur la pluridisciplinarité de ses équipes, venues des sciences “dures”, de l'ingénierie mais aussi de la sociologie et des sciences économiques. “On ne peut étudier un système de transports sans faire appel à toutes ces compétences. Les premières grandes avancées en économie ont d'ailleurs été faites au XIXe siècle à propos des transports, parce qu'il fallait savoir comment développer des réseaux ferrés adaptés aux besoins des populations”. Cette transversalité se retrouve au sein de la structure de l'Ifsttar, organisée non pas par discipline, mais par domaine d'études – cinq au total.

Un institut structuré en domaines d'études
Cette organisation en domaines d'études se traduit ainsi par cinq départements de recherche pluridisciplinaires. Par exemple, le département “Transport, santé, sécurité” est consacré en particulier à l'étude de la psychologie du conducteur et de la mécanique humaine. Il est associé à deux CHU et leurs services de traumatologie. Ingénieurs, chercheurs et chirurgiens y collaborent pour concevoir des modèles humains – mannequins ou modèles virtuels - afin de retranscrire en termes mécaniques la fragilité du corps humain et essayer ainsi d'améliorer tout à la fois les systèmes de protection des occupants de véhicules, des piétons et des conducteurs de motos. Quant au département "Aménagement, mobilité et environnement", il associe sciences dures, économie, sociologie, histoire et statistiques dans le but d'analyser aussi bien l'impact des différentes actions humaines sur l'environnement que l'évolution des villes, des banlieues et des systèmes de transports. "Il y a nécessairement interaction entre la ville et ses systèmes de transports", conclut Hélène Jacquot-Guimbal. "Ils constituent son système veineux. Sans système de transports, il n'y a tout simplement... pas de ville".
 

Une dalle d'essai unique en Europe

La future dalle d'essai de l'Ifsttar est en cours de livraison. Il s'agit d'une plateforme de dix mètres sur soixante, aux propriétés dynamiques adaptées aux structures qui y seront testées, comme des parties de bâtiments ou des piles de ponts. Le béton est ainsi spécialement conçu pour réduire les risques de fissuration. Même soumis à des vérins hydrauliques qui dépassent les 600 tonnes, l'ensemble est quasi indéformable. Seuls quelques laboratoires, au Japon et au Canada, disposent d'un tel équipement : un atout
de taille donc, pour tester les structures de génie civil de demain.

SOURCE
Trajectoires n° 30 – AVRIL - MAI 2013

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Format : 11/2017
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