Publié le 29/08/2014

Le DPEA Architecture Post-Carbone à l'ENSAVT : L'architecture à l'ère du réchauffement climatique

Depuis septembre 2013, l’École Nationale Supérieure d’Architecture de la Ville et des Territoires à Marne-la-Vallée propose un diplôme “Architecture post-carbone”, sous-titré “matière-structure-énergie”. Objectif : former les nouvelles générations à une architecture plus frugale.

“Le bâtiment représente de 30 à 40 % de la consommation énergétique de la France et à peu près autant pour les émissions de gaz à effets de serre”. Jean-François Blassel, ingénieur et architecte de formation, enseigne à l'École d'Architecture de Marne-la-Vallée depuis sa création, en 1998. “J'avais envie d'évoluer dans mon enseignement. J'ai réfléchi, échangé avec des collègues. À l'heure du réchauffement climatique et de la disparition annoncée des combustibles fossiles à base de carbone, les jeunes générations d'architectes sont de plus en plus confrontées aux questions d'environnement”. Résultat de ces réflexions, l'ouverture en septembre dernier, en partenariat avec l'École des Ponts ParisTech, d'un DPEA (Diplôme Propre aux Écoles d'Architecture) “Construire post-carbone”, à destination des titulaires d'un master en architecture.

Une formation qui associe architecture et ingénierie

Le diplôme, sous-titré “matière-structure-énergie”, s'intéresse non seulement à l'énergie consommée par le bâtiment, mais aussi à celle consommée pour l'extraction, la transformation des matériaux et la construction elle-même. Un tiers des cours a lieu à ParisTech et porte sur les questions de thermique, les matériaux, les structures, la thermodynamique. “Nous voulons combler le fossé qui sépare les architectes des ingénieurs”, insiste Jean-François Blassel, “former des architectes sensibles à l'importance des données quantitatives... et qui se servent de ces données pour façonner leur architecture”.

Des recherches appliquées stimulantes

Les étudiants réfléchissent à la conception des bâtiments en s'appuyant certes sur ces principes scientifiques et techniques, mais également en se penchant sur des projets et des études. Cette année, ils ont par exemple réalisé une étude de faisabilité pour le compte de GDF Suez sur le centre commercial du futur, à énergie positive. Ils ont aussi mené un projet de recherche sur la relation entre forme architecturale et comportement énergétique des bâtiments sur un territoire périurbain situé entre Marne-la-Vallée et Le Bourget. Afin d'encourager cette dynamique de prospective et d'innovation, l'équipe pédagogique du DPEA organise régulièrement des séminaires. “On invite des intervenants de France et de l'étranger, en provenance d'autres écoles” détaille Jean-François Blassel, “afin de ne pas rester enfermés dans notre petit cluster, mais au contraire brasser les idées, développer les échanges, ouvrir les étudiants à des points de vue différents ou complémentaires à ce qu'ils voient en cours”.

Un diplôme précurseur

Façades intelligentes captant l'énergie et laissant passer la lumière, bâtiments sources d'énergie... le sujet est loin d'être épuisé. “On jette des choses dans l'atmosphère sans les utiliser comme la chaleur, les gaz, on jette des choses dans l'eau” déplore-t-il. “On pense que la nature est une sorte de grand réservoir auquel on est extérieur et dans lequel on peut puiser et rejeter ce qu'on veut”. Preuve en tout cas que l'architecture post-carbone est bien un sujet d'avenir, l'ENSAVT commence d'ores et déjà à faire des émules : l'école Nationale Supérieure d'Architecture de Grenoble devrait ouvrir un cursus similaire dès septembre 2015.

Jean-François Blassel, enseignant à l'école d'architecture de Marne la Vallée

 

 

“Les jeunes générations d'architectes sont de plus en plus confrontées aux questions d'environnement.”
Jean-François Blassel, enseignant à l'École d'Architecture de Marne-la-Vallée 

 

 

 

 

 

 

LE CENTRE COMMERCIAL DU FUTUR

Le DPEA Architecture Post-carbone a réalisé, pour le compte du CRIGEN, le centre de recherche du groupe GDF-Suez, une étude sur le centre commercial du futur. L'étude a permis d'élaborer deux scénarios. Le premier propose un centre commercial situé en milieu péri-urbain. Les consommations d'énergie fossile y sont réduites en limitant la mobilité des marchandises et de la clientèle à travers différentes stratégies, le drive par exemple, tout en optimisant la multiplicité d'usages d'un même espace. Le second scénario est un centre situé en ville, comprenant un îlot de fraîcheur – entendez de verdure – autour duquel s'organise le bâti. Ces plantations permettent de limiter les consommations énergétiques et apportent en même temps une belle qualité d'espace public.

SOURCE

Trajectoires n° 37 – SEPTEMBRE-OCTOBRE 2014

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Format : 10/2017
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