Publié le 16/12/2010

Le CRI : au cœur du progrès informatique

Installé depuis plus de quarante ans à Fontainebleau, le CRI est à la pointe de la recherche en informatique. Menés sous l’autorité de “Mines ParisTech”, ses travaux sont particulièrement précieux pour les industriels qui recherchent des ordinateurs toujours plus rapides et puissants.

Installé depuis plus de quarante ans à Fontainebleau, le CRI est à la pointe de la recherche en informatique. Menés sous l’autorité de “Mines ParisTech”, ses travaux sont particulièrement précieux pour les industriels qui recherchent des ordinateurs toujours plus rapides et puissants.

Robert Mahl et François IrigoinUn petit immeuble de trois étages, sept enseignants chercheurs, six ingénieurs et administratifs, six doctorants, une centaine d’étudiants... et une quantité d’ordinateurs proprement astronomique ! Nous sommes à Fontainebleau, au Centre de Recherche en Informatique (CRI), laboratoire qui officie depuis plus de quarante ans, sous l’autorité de l’École des Mines de Paris – aujourd’hui renommée Mines ParisTech.

Au cœur de son activité, le système PIPS, pour “Paralléliseur Interprocédural de Programmes Scientifiques”, appellation quelque peu obscure qui désigne tout simplement l’avenir de l’informatique.


DES ORDINATEURS MULTIPROCESSEURS


“Avant, on parvenait à fabriquer des ordinateurs de plus en plus puissants pour le même prix”, explique Robert Mahl, diplômé de Polytechnique et des Mines, qui dirige le CRI depuis 1993 et s’apprête à passer le relais à son adjoint François Irigoin. “Sauf qu’aujourd’hui, on ne peut plus miniaturiser davantage l’électronique. Sur des circuits intégrés trop miniaturisés, l’électron ne passe plus.” La solution pour remédier à cette stagnation ? La fabrication d’ordinateurs équipés de plusieurs cœurs, c’est-à-dire de plusieurs unités centrales.


FAIRE FONCTIONNER DES PROCESSEURS EN PARRALLÈLE


Deux cœurs, mille, un million… il n’y a alors plus de limite. Reste encore à faire fonctionner des programmes informatiques de plus en plus compliqués sur des ordinateurs qui ont plusieurs cœurs, de façon à accélérer l’exécution des programmes. “Pour parvenir à cette décomposition intelligente des programmes en fonction des cœurs disponibles, décrypte Robert Mahl, il faut procéder à une analyse très fine des programmes, de façon à obtenir que ces cœurs puissent fonctionner en parallèle, c’est-à-dire simultanément.”
D’où le terme de “Paralléliseur Interprocédural”, au centre des travaux du CRI. “Le programme est décomposé en fragments qui sont implantés sur différents cœurs, continue Robert Mahl. L’objectif de nos travaux est donc de faire en sorte que l’ordinateur puisse réaliser lui-même sa propre décomposition des tâches sur différents cœurs.”


DES ENTREPRISES TRÈS INTÉRESSÉES


Cette visée rejoint évidemment les préoccupations des industriels qui cherchent toujours à accélérer la vitesse de leurs programmes. Le laboratoire travaille notamment avec des entreprises comme Thalès, EDF et Sagem. En 1982, des professeurs et étudiants du CRI ont d’ailleurs quitté le nid pour créer leur propre entreprise, Morpho Systems, spécialisée dans les systèmes de reconnaissance des empreintes digitales. Un véritable coup de maître pour cette poignée de chercheurs devenus chefs d’entreprise. L’aventure se conclut sur une très belle transaction avec le rachat de Morpho Systems par Sagem, en 1993. Une expérience réussie qui a fini de convaincre les membres du CRI qu’ils pouvaient devenir des acteurs incontournables du secteur de la haute technologie.
Aujourd’hui, le centre mène ainsi une forte activité de valorisation de ses travaux de recherche grâce à la collaboration avec la start-up HPC Project, dont l’un des acteurs-clés, Ronan Keryell, est un ancien chercheur du CRI. Il est notamment épaulé par une ancienne doctorante du CRI, Béatrice Creusillet, et un nouveau doctorant, Mehdi Amini. De quoi assurer au CRI un avenir doré.

LE CRI ET LA DIFFUSION DU DROIT

Depuis une dizaine d’années, le CRI œuvre à la diffusion du droit français. Quel lien entre le droit et les programmes informatiques étudiés habituellement par les chercheurs du CRI ? Le langage. L’expression du droit français est ici formalisée sous .xml, c’est-à-dire sous un langage informatique spécialisé. Le CRI a ainsi participé à la mise en place de la DILA (pour Direction de l’Information Légale et Administrative) et développé un site web (droit.org) dont l’objectif est la diffusion du droit auprès du grand public.

SOURCE
Trajectoires n° 17 – SEPTEMBRE OCTOBRE 2010

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Format : 08/2017
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