Publié le 06/06/2014

La Seine-et-Marne a la fibre numérique

Très en pointe dans l’avancée du plan national “France très haut débit”, la Seine-et-Marne poursuit le raccordement de tout son territoire. Principalement réalisés en fibre optique, les 1 600 km de Sem@for77 constituent l’épine dorsale d’un réseau qui vient aujourd’hui de franchir un nouveau palier avec la création de Seine-et-Marne Numérique.

Très en pointe dans l'avancée du plan national “France très haut débit”, la Seine-et-Marne poursuit le raccordement de tout son territoire. Principalement réalisés en fibre optique, les 1 600 km de Sem@for77 constituent l'épine dorsale d'un réseau qui vient aujourd'hui de franchir un nouveau palier avec la création de Seine-et-Marne Numérique. Ce syndicat mixte va permettre un investissement public privé de 300 à 400 millions d'euros d'ici 2030 pour déployer le FTTH (Fiber to the home) – la fibre jusqu'à l'abonné. L'enjeu est de taille. Conjugué au réseau Initiatives Télécentres 77 (Label d'Or 2013 des territoires innovants) et à l'innovation dans les usages via e-transformation77, le très haut débit renforcera ces prochaines années l'attractivité économique et la compétitivité du département en facilitant le coworking, le télétravail, la vente et les services à distance ou la dématérialisation des tâches.

CELESTE, à Champs-sur-Marne, est fournisseur d'accès Internet Haut-Débit et Haute-Disponibilité pour les entreprises partout en France.

 

 

 

 

 

 

Installation de fibre optique en micro-tranchée - La Seine-et-Marne dispose, avec Sem@for77, d'un des plus longs réseaux départementaux en fibre optique

© COVAGE

 

 

 

 

Un nouveau chantier démarre

Le nouveau syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique prend la main pour apporter le très haut débit à tous en Seine-et-Marne. L'addition s'élève à 400 M€... mais c'est le prix à payer pour assurer l'attractivité, donc le développement économique, de tous les territoires du département, même les plus éloignés.

Une délégation de service public, en cours de procédure, va être attribuée dans les mois à venir. Elle aura pour mission de déployer du FTTH (fibre optique jusqu'au particulier) sur le territoire seine-et-marnais. Une première enveloppe de 66,8 M€ a été remise à ce titre par l'état à la Seine-et-Marne, dans le cadre des investissements d'avenir et du plan France “Très haut débit”. Les premiers chantiers devraient débuter courant 2015. “À l'évidence, nous sommes récompensés du volontarisme dont nous avons fait preuve ces dix dernières années”, se réjouit Bertrand Caparroy, 1er Vice-président du Conseil général et Président du tout nouveau syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique. “Avec le Loiret ou l'Auvergne, nous figurons parmi les tout premiers territoires français à avoir saisi, dès 2004, les enjeux majeurs de la fracture numérique.”

Démultiplier l'effet Sem@for77
Entre 2006 et 2009 le réseau Sem@for77 s'est construit avec l'aide de la Région Île-de-France. L'autoroute numérique départementale est désormais réalisée mais, comme l'indique le Schéma directeur territorial d'aménagement numérique – adopté parmi les premiers en France, en 2010 – il convient à présent d'aller plus loin. L'objectif est désormais de construire les routes manquantes pour desservir logements, entreprises, services publics et chaque utilisateur, à l'exemple de ce qui vient de se faire à titre expérimental à Chevry-Cossigny, Cesson, Vert-Saint-Denis, Bailly-Romainvilliers.

Plus de 300 000 prises Fiber to the home
C'est là qu'intervient le nouveau syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique.

“Les investissements nécessaires, de l'ordre de 300 à 400 M€, étaient beaucoup trop lourds pour être supportés par le seul Conseil général”, commente Bertrand Caparroy. D'où la création du syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique qui réunit déjà, outre le Département et la Région, 22 intercommunalités seine-et-marnaises. Dans quelques semaines, c'est à lui que reviendra le soin de choisir un opérateur. Son rôle, par délégation de service public : tisser une seconde toile, plus fine que celle de Sem@for77, aboutissant à la pose de quelque 300 000 prises FTTH chez les futurs abonnés. “C'est un chantier de 15 à 20 ans, estime Dominique Leroy qui a récemment pris la direction du Syndicat créé il y a 18 mois. Nous prévoyons néanmoins de mettre les bouchées doubles ces prochaines années, grâce notamment aux 66,8 M€ versés par l'État pour les cinq ans à venir.” 

Un campus pour l'aménagement numérique
Ouvert en début d'année à Montereau-Fault-Yonne, le campus numérique de la communauté de communes des deux Fleuves accueille actuellement une session de formation d'une douzaine de demandeurs d'emplois aux métiers de l'aménagement numérique et de la fibre optique. Le premier bilan est plus que positif, puisque dix d'entre eux vont signer dans les prochains jours un CDI ou un CDD avec leur entreprise d'accueil. On estime à 20 000 le nombre d'emplois à pourvoir dans ce secteur ces prochaines années, partout en France et tant dans les entreprises que les collectivités. Unique en Île-de-France, ce centre de formation dispose de 800 m2 sur un ancien site ERDF. Il a été initié par la communauté de communes des deux Fleuves qui y a investi 2,6 M€ avec la participation de l'État et du Conseil général de Seine-et-Marne. La Région, la CCI77, Seine-et-Marne Développement et une quinzaine de sociétés directement intéressées par ce secteur d'activités (Orange, Silec Câble, Auxo Formation...) ont également soutenu cette initiative. Proposant des qualifications dans le cadre de l'insertion ou du retour à l'emploi, ces formations, d'une durée de 6 à 24 mois, vont se multiplier (contrat de professionnalisation). Elles permettront aux futurs salariés d'acquérir des titres, diplômes ou certifications répondant aux besoins des entreprises des travaux publics, de l'électricité, de la  maintenance et des réseaux téléphoniques.
Contact : 01 76 70 26 16 - contact@cn-montereau.fr

 

INTERVIEW : Nicolas Aubé, Président de l'entreprise Céleste (Fournisseur d'Accès Internet et datacenter) à Champs-sur-Marne 
Vous évoquez régulièrement la révolution en cours de la fibre optique. Sans elle, point de salut pour les entreprises ?
N.A. : Les interconnexions sont telles, désormais, entre les entreprises, que le haut débit devient effectivement une obligation pour gérer leurs échanges quotidiens avec leurs clients, leurs fournisseurs, les salariés, leurs agences. Ce qui passe par l'externalisation croissante de leur informatique.
N'ont elles pas, alors, la crainte de perdre la main sur leurs données ?
N.A. : Les données : une des premières richesses des entreprises, qui doivent donc en garder le contrôle, tout en s‘affranchissant de l'informatique afin de privilégier une organisation en fonction de leurs métiers et de leurs compétences.
Que vous inspire le développement du très haut débit sur tout le territoire seine-et-marnais ?
N.A. : C'est très positif car, malgré le développement du réseau départemental Sem@for77, trop de zones restent encore aujourd'hui hors de portée et le raccordement inenvisageable financièrement pour certaines entreprises.
"Dans cinq ans, toutes les PME seront passées à la fibre optique. Cela devient aussi vital pour elles que le réseau routier ou l'électricité.”
 

Sem@for77, le réseau pionnier

La société Marchesini à Saint-Mesme récemment raccordée au Très Haut Débit

 

Le très haut débit n'est pas une nouveauté pour la Seine-et-Marne qui dispose avec Sem@for77 d'un des plus longs réseaux départementaux en fibre optique de France. Une aubaine pour les entreprises.

Au début, le très haut débit est magique. Un peu comme le retour de l'électricité après une panne. Et puis on s'habitue au confort et à la performance ! Pour la société Marchesini (Saint-Mesme) ou le Manoir de Gressy, le charme n'a pas encore fini d'opérer puisque leur raccordement ne date que de quelques semaines.

La première gagne désormais un temps précieux dans ses échanges de données avec sa maison mère italienne, spécialisée dans les équipements pour le conditionnement pharmaceutique et cosmétique. “L'amélioration est très nette pour nos 24 salariés, observe Joël Moutier, Directeur administratif et financier du site de Saint-Mesme. Pas tant au niveau de la vitesse des connexions que de la capacité de transport des données et de la fiabilité du réseau avec un débit garanti de 8 mégabits.”

Au Manoir de Gressy, hôtel 4 étoiles spécialisé dans la réception de séminaires et de conventions d'entreprise, l'arrivée du très haut débit évitera de perdre l'accueil de certaines manifestations professionnelles. ”Nous pouvons maintenant offrir une capacité de connexion suffisamment importante, explique Jean-Marie Lacoste, le responsable informatique de l'hôtel. Aux PC d'autrefois sont venus s'ajouter les smartphones et les tablettes qui doivent pouvoir fonctionner simultanément en wifi, y compris pendant une visioconférence. Grâce à la fibre, nous avons multiplié notre capacité par trois et disposons aujourd'hui de six mégabits/s symétriques, avec l'assurance de ne souffrir d'aucune perte de signal.”

À l'instar de ces deux nouveaux clients, le réseau Sem@for77 affiche déjà un fort beau bilan, moins de dix ans après sa mise en chantier (voir carte page 13).

Près de 90 M€ ont été investis à ce jour pour construire un des plus longs réseaux en fibre optique de France (1 600 km). La fibre constitue l'épine dorsale d'un réseau très haut débit qui dessert 346 zones d'activités (voir l'encadré ci-dessous) et plus de 850 établissements publics (collèges, lycées, universités, mairies, médiathèques, etc.). “Une commune seine-et-marnaise sur deux en bénéficie déjà directement et les autres sont situées à moins de 10 km d'un de ses points de raccordement, détaille Sidney Hue, le directeur de Sem@for77. L'enjeu des années à venir consistera à couvrir 100% du territoire”.

Contacts : www.semafor77.fr
www.thd-zone.com
pro-semafor77@covage.com

Le Manoir de Gressy, un cocon 4 étoiles raccordé au Très Haut Débit
© Manoir de Gressy 

 

 

 

 

 

 

Priorité aux zones d'activités
Sem@for77, filiale de COVAGE, opérateur d'infrastructures, continue de tisser sa toile, plus lentement qu'entre 2006 et 2009, mais sûrement. 31 nouvelles zones Seine-et-Marnaises ont été raccordées fin 2013. Les entreprises qui y sont implantées bénéficient d'un tarif de raccordement particulièrement avantageux, à hauteur de 360 € facturés par Sem@for77 aux FAI, soit une réduction de plus de 3 500 €. 68 autres zones avaient précédemment déjà bénéficié de cette offre THD rendue possible grâce au soutien de la Région et du Département qui ont financé à plus de 56 % un investissement de 4,73 M€ au nom de l'égalité numérique. 265 entreprises y ont souscrit à ce jour.
Au total 346 zones d'activités sont désormais éligibles au très haut débit : 207 par la fibre optique et 139 autres grâce à des solutions alternatives telles que des installations hertziennes. 

La société ParsysTélémedecine, bénéficiaire de l'aide e-transformation 77
© Parsys télémédecine

 

 

 

 

 

La e-transformation77 est en marche

Le très haut débit pour tous favorise le désenclavement des zones mal desservies. Il facilite aussi leur développement, ouvrant, avec l'aide d'e-transformation77, de nouveaux usages numériques à leurs TPE et PME.

Faire plus, mieux, plus vite, différemment... Aujourd'hui, les entrepreneurs les plus jeunes se demandent comment diable faisaient leurs aînés sans internet. Et surtout, sans ce fameux très haut débit qui booste les contacts et expédie les données à la vitesse de la lumière ! “Aujourd'hui, on doit toujours imaginer d'autres façons de faire”, souligne Jean-Louis Schmitlin, le Président de Parsys Télémédecine, SAS spécialisée à Saint-Thibault-des-Vignes dans la conception et la fabrication de diagnostics médicaux à distance.

“En 2013, ainsi, nous avons mis sur le marché un service d'interprétation d'électrocardiogrammes très utile, notamment, aux médecins du travail”. Coût de l'investissement : 65 000 €, pour lequel le Conseil général de Seine-et-Marne a apporté une aide de 30 000 € au titre du dispositif e-transformation77.

Déjà 55 entreprises aidées
Né en 2010, e-transformation77 illustre la volonté des élus d'inciter les TPE et les PME à développer de nouveaux usages en tirant le meilleur profit du réseau départemental Sem@for77. Six appels à projet plus tard, le bilan est plus que positif avec 57 diagnostics préalables pris en charge par Seine-et-Marne Développement et 55 entreprises aidées à hauteur, en moyenne, de 18 000 €. Les dossiers portent souvent sur la création de sites internet, pas toujours marchands, ou sur la mise en place de solutions d'e-marketing. Sont également éligibles les équipements mobiles favorisant le télétravail, les outils de gestion de la relation clients, la dématérialisation des procédures, etc.

Pour le Bureau Contemporain (Collégien), e-transformation77 est arrivé à point nommé, début 2013, quand l'entreprise trentenaire des frères Bernard et Thierry Grillot s'est offert une seconde jeunesse à l'occasion de son installation dans de nouveaux locaux. “Nous avons découvert l'appel à projet à la même période et avons décidé de saisir cette opportunité d'aller plus loin dans notre évolution”, explique Thierry Grillot. Résultat : “grâce à l'aide du Conseil général

(15 923 € sur une dépense de 35 000), nous disposons désormais d'une salle de réunion équipée d'un système de visioconférence, nous bénéficions de la Voix sur IP et avons fait évoluer nos sites internet”. 

Bientôt des FabLabs77
Les trois candidats seine-et-marnais à la création de FabLabs – des ateliers numériques permettant de fabriquertoute sorte d'objets à l'aide d'imprimantes 3D, des fraiseuses numériques, etc. – sauront d'ici quelques semaines si la Région Île-de-France et la Fonderie, son Agence numérique, ont retenu leurs projets. Dans l'affirmative, ils recevront une subvention investissement d'un montant maximal de 200 000 € pour l'aménagement et l'équipement de ces locaux. Comme l'agence l'avait fait pour Initiatives Télécentres 77, Seine-et-Marne Développement soutient ces trois premiers projets – Descartes Lab porté par l'incubateur Descartes à Champs-sur-Marne, le Sénart Lab de l'ICAM à Sénart et le Fablab des étudiants de l'IFIS au Val d'Europe – avec la volonté de créer et d'animer un réseau satisfaisant les attentes d'utilisateurs variés (entreprises, étudiants, particuliers...) sur l'ensemble de son territoire. 

 

INTERVIEW : Jérôme Besnard, Président du Directoire de FICAP à Bray-sur-Seine
Votre société vient de se raccorder au réseau Sem@for77 et de postuler avec succès au programme e-transformation77. On imagine ces deux décisions liées ?
J. B
. : Disons que l'une ne va pas sans l'autre. D'une part, il nous fallait impérativement du haut débit pour ne pas freiner notre développement, notamment à l'international – par exemple pour organiser des vidéo-conférences ou échanger des fichiers très volumineux. D'autre part, nous voulions créer un vrai site marchand.
On imagine mal le site marchand d'une société spécialisée dans le déplacement des biens et des personnes par tapis roulants !
J. B. : Détrompez-vous ! Que ce soit en première monte ou en maintenance, nous sommes très sollicités pour plusieurs milliers de références. ça peut aller d'une courroie pour convoyeur à bande, jusqu'à une installation de convoyage complète.
L'aide d'e-transformation77 a-t-elle été déterminante ?
J. B. : Sans ce soutien financier, nous n'engagerions pas cette refonte totale de nos sites. Nous n'en aurions pas les moyens tout en étant pourtant convaincus que c'est un excellent moyen de conforter notre chiffre d'affaires (12 M€) et notre croissance (+15 % en 2014).
“Pour l'instant, Internet ne permet pas de transformer nos visiteurs en acheteurs. Cela va changer d'ici six mois avec la création d'un véritable site marchand.”

SOURCE

Trajectoires n° 36 –JUIN-JUILLET-AOÛT 2014

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Format : 11/2017
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