Publié le 21/10/2015

La logistique prend ses aises en Seine-et-Marne

ECHOSLOGISTIQUE
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ATTRACTIVITÉ//Les entrepôts se multiplient dans le sud-francilien, sur le parc de l’A5 ou sur le parc Prologis Moissy 2, un ex-site PSA. Le Département bénéficie certes de grandes emprises foncières mais il a surtout développé une stratégie pour attirer la logistique.

Aujourd'hui, avec le cluster innovation logistique, il cherche à attirer les projets à valeur ajoutée de Monoprix, Toys 'R'Us, ou Leroy-Merlin. Les entrepôts sortent de terre un à un en Seine-et-Marne. Dernier en date : Prologis, gros opérateur de plates-formes logistiques en France, a annoncé la construction d'un bâtiment clef en main pour le compte d'Action, une chaîne de magasins hard discount néerlandaise. Il s'étalera sur plus de 71.000 m2 sur le parc Prologis Moissy 2, un ex-site PSA entièrement réaménagé par l'opérateur logistique. Sept des douze cellules seront livrés début 2016, le reste à l'été 2017. Action veut en faire son hub français – stockage, gestion, et distribution des produits – pour alimenter ses 60 magasins de  l'Hexagone.

Plus loin, un immense parc logistique est en train d'émerger du côté de Sénart. Baptisé le parc de l'A5, cet ancien champ de 190 hectares, situé entre l'autoroute, la D57 et la D402, est à cheval sur les communes de Réau et Moissy-Cramayel. Il accueillera en 2017 son premier occupant. Les chantiers sont déjà bien visibles. L'aménageur foncier Sofade (groupe Dentressangle Initiatives) construit 32.000 m2 d'entrepôt pour loger Logisteo Autodistribution, spécialiste de la distribution de pièces automobiles de rechange, qui a signé un bail de 12 ans. Son objectif : regrouper sur un seul site automatisé ses deux entrepôts de Moissy-Cramayel, avec la possibilité in fine de s'étendre jusqu'à 90.000 m2. D'autres projets sont prévus sur ce parc. Le promoteur PRD construira un entrepôt de 70.000m2 et un autre de 62.000 m2. Et la Scadif (filiale logistique de Leclerc) y déménagera aussi son bâtiment de 75.000m2 situé à Savigny. Pilotée par l'EPA Sénart, l'opération d'aménagement de cette immense emprise doit aboutir à la création de 2.600 à 3.000 emplois.

Une stratégie assumée

D'autres projets d'implantation sont à l'état de discussion avancée. C'est le cas de Leroy-Merlin, qui chercherait à implanter dans le département son premier centre logistique. Fouju, près de Melun, serait le site favori, avec 300 emplois à la clef. La Seine-et-Marne voit là la récompense de ses efforts. Le Département n'a jamais fait la fine bouche sur la logistique. L'activité concentre 68.000 salariés dans quelque 11.000 établissements. Avec 5 millions de m2 d'entrepôts, ce secteur représente 20 % de l'emploi salarié du département. « Le département représente 25 % du parc francilien de logistique » précise Denis Jullemier, PDG de l'entreprise Des Lis Chocolat (23 salariés), et vice-président de Seine-et-Marne Développement. Certes, en tant que plus grand département d'Ile-de-France, il possède de larges emprises. Mais le territoire a surtout mis l'accent sur ce secteur. En Seine-et-Marne, la logistique est une stratégie assumée. Sauf lorsqu'on évoque des alignements de mètres carrés d'entrepôts... « On assume ce choix mais c'est une logistique intelligente et innovante », déclare Denis Jullemier. Le Département vante les plates-formes nationales d'entreprises qui l'ont choisi : Samada (Monoprix), Galeries Lafayette, Jeff de Bruges, ou plus récemment, Toys'R'Us qui a ouvert en mai son siège social et son campus logistique sur 48.000 m2 à Saint-Fargeau-Ponthierry pour approvisionner ses 49 magasins français. Des projets qui créent des dizaines, voire des centaines d'emplois. « Ce sont des entreprises qui ont intégré leur propre logistique et qui ont des attentes en terme de développement durable et d'innovation. Elles apportent une réelle valeur ajoutée », clame Denis Jullemier. Pour répondre à cette mutation du secteur, l'agence de développement a créé l'an dernier avec l'EPA Sénart un cluster de l'innovation logistique. On y trouve des entreprises pointues comme Balyo, qui fait du guidage de chariots à palette, ou Electroclass, qui fabrique des tours de stockage automatisées. Le territoire ne doit pas s'endormir sur ses lauriers. Certes il possède des axes routiers, la proximité de l'aéroport Roissy-CDG, le transport fluvial, mais il doit faire plus. « Ce n'est pas le prix du foncier qui attire les entreprises chez nous. Dans ce cas-là, elles vont en Picardie ou en Bourgogne, les prix sont moins élevés et elles échappent aux taxes sur le Grand Paris », assène Denis Jullemier. Alors l'accent est aussi mis sur l'offre de formation. L'école d'ingénieur Icam et l'IUT de Sénart-Fontainebleau proposent depuis peu des diplômes dans le domaine de la logistique.

« Les milliers de m2 d'entrepôt avec très peu de créations d'emplois, c'est fini. La logistique est aujourd'hui intelligente et porteuse d'innovation. »

DENIS JULLEMIER - Vice-président de Seine-et-Marne Développement

 

À NOTER

Le club de la logistique seine-et-marnais, créé en 2005, regroupe des spécialistes de la filière (logisticiens, acteurs de l'immobilier, consultants, institutionnels, etc.). Pour rejoindre le club de la logistique en Seine-et-Marne sur BusinEst

 

Article paru dans Les Echos Entreprises du mercredi 21/10/2015 - Marion Kindermans

 

 

 

 

 

 

http://www.seine-et-marne-invest.com/businest/groupes/club-logistique

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Format : 11/2017
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