Publié le 08/11/2013

L’IRM, à Mitry Mory : un laboratoire “responsable”

Créé en 1989 par le groupe EVA, l’Institut de Recherche Microbiologique a pour vocation première de tester l’efficacité des produits désinfectants. Depuis peu, ses équipes sont également devenues expertes en écotoxicologie et aident les entreprises à devenir écoresponsables.

En cette rentrée 2013, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), associé à l'IUT de Marne-la-Vallée, inaugure un Diplôme Universitaire (D.U.) Compagnon en Développement Durable. Objectif : former des professionnels du bâtiment compétents en matière d'efficacité et de rénovation énergétique.

Philippe Strohl, directeur scientifique de l'IRM.

"Aujourd'hui, nous sommes les seuls à tester à la fois l'efficacité des produits désinfectants et leur impact sur l'environnement.”

 

 

 

 

 

H1N1, SRAS... les congélateurs de l'IRM contiennent plus de trois cents souches de microbes, belle collection de virus en tous genres, accumulée par l'institut depuis sa création en 1989 par le groupe EVA.
“EVA est une holding familiale qui produit des cosmétiques et des désinfectants, avec une spécialisation dans l'hygiène des mains”, détaille Philippe Strohl, directeur scientifique de l'IRM. “Pour des raisons de coûts, elle souhaitait disposer en interne, d'un laboratoire qui analyse les microbes pouvant se trouver dans ses cosmétiques et ses désinfectants, et qui s'assure de l'efficacité de ces derniers”.

Une activité de niche
Aujourd'hui, 50 % des entreprises clientes de l'IRM sont extérieures à EVA. Point commun : toutes appartiennent au secteur de l'hygiène. “C'est une activité de niche”, relève Philippe Strohl. Les produits antimicrobiens concernent l'alimentaire, l'élevage, les collectivités... toutes les activités, en fait, qui exigent un haut degré d'hygiène. “Ils restent en revanche peu connus du grand public qui ne se rappelle de leur existence qu'en cas de pandémies – et se félicitent alors qu'il y ait des laboratoires comme le nôtre qui ont testé leur efficacité bien avant la crise”. L'IRM guette ainsi l'arrivée de nouveaux microbes, essayant toujours d'anticiper les épidémies, de tester en amont.

Vers une autorisation de mise sur le marché
À cette activité historique, l'IRM vient d'ajouter une activité de conseil règlementaire, accompagnant le durcissement des normes de mise sur le marché. “Lorsque les désinfectants sont utilisés en grande quantité et rejetés à l'égout, leur impact sur le milieu aquatique peut être considérable” explique Philippe Strohl. “Avant, on devait juste prouver qu'ils étaient efficaces. Bientôt, d'ici 2015-2020, il faudra également prouver qu'ils sont sans danger pour l'homme et pour l'environnement”.

L'IRM, pionnier de l'écotoxicologie
Pierre angulaire de cette diversification, l'inauguration, en juin dernier, d'un laboratoire entièrement dédié à l'écotoxicologie, c'est-à-dire à l'étude du comportement et des effets d'agents polluants sur les écosystèmes. “On modélise le devenir du produit dans l'environnement” décrit le directeur scientifique de l'IRM, docteur vétérinaire de formation. “Ensuite, on réalise des tests pour nourrir ces modèles”. Tout d'abord sur des algues puis sur des petits crustacés aquatiques et enfin sur des poissons, soit une couverture de toute la chaîne alimentaire.

Un panel d'activités plus large
“Aujourd'hui, nous sommes les seuls à tester à la fois l'efficacité des produits désinfectants et leur impact sur l'environnement”. Un pari sur l'avenir qui a deux objectifs : se différencier de la concurrence et proposer un panel d'activités plus large. L'écotoxicologie concerne en effet la papeterie, la métallurgie, la plasturgie... toutes les industries touchant de près ou de loin la chimie, susceptibles de rejeter des déchets et dont la responsabilité sociétale environnementale peut donc être engagée à tout moment. Et l'implantation de l'IRM sur la zone industrielle de Mitry-Compans lui donne une longueur d'avance. “Nous sommes en pleine zone Seveso” sourit Philippe Strohl, “nous avons donc à portée de main une multitude de clients potentiels”.

 

Un laboratoire dédié à l'écotoxicologie

Inauguré fin juin 2013, le laboratoire d'écotoxico-logie de l'IRM s'étend sur 140 m2. Une chimiste, une écotoxicologue et un technicien ont été recrutés pour y travailler. L'infrastructure comprend trois laboratoires : le premier dédié aux algues unicellulaires, le deuxième, aux phanies (des puces d'eau qui se nourrissent d'algues unicellulaires), le dernier, aux poissons. À ce dispositif, s'ajoute une “laverie” où est préparée de l'eau artificielle : une eau distillée à laquelle on rajoute des minéraux, des oligo-éléments et qui sert à la réalisation des tests.

SOURCE

Trajectoires n° 33 – NOVEMBRE-DECEMBRE 2013

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Format : 08/2017
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