Publié le 02/04/2014

International : La Seine-et-Marne joue groupée avec l’Ile-de-France

Puisque la croissance se fait encore discrète sur le marché intérieur français, c’est à l’international que les entreprises doivent aller chercher leur business. Plus simple à dire qu’à réussir ! Pour les y inciter et les y aider, l’Île-de-France et une vingtaine de partenaires – au 1er rang desquels Seine-et-Marne Développement – ont élaboré un Plan Régional d’Internationalisation des Entreprises (PRIE) favorisant la proximité avec les entreprises, une complémentarité des soutiens et le développement de stratégies de filières. Dans les prochaines semaines, une dizaine de PME seine-et-marnaises expérimenteront ce dispositif.

 

Puisque la croissance se fait encore discrète sur le marché intérieur français, c'est à l'international que les entreprises doivent aller chercher leur business. Plus simple à dire qu'à réussir ! Pour les y inciter et les y aider, l'Île-de-France et une vingtaine de partenaires – au 1er rang desquels Seine-et-Marne Développement – ont élaboré un Plan Régional d'Internationalisation des Entreprises (PRIE) favorisant la proximité avec les entreprises, une complémentarité des soutiens et le développement de stratégies de filières. Dans les prochaines semaines, une dizaine de PME seine-et-marnaises expérimenteront ce dispositif.

Caplain Machines à Brie-Comte-Robert expose aussi bien en France qu'à l'international – Ici au dernier salon EUROPAIN (mars 2014) à Villepinte-France.
© Caplain Machines.

 

 

 

 

 

 

L'entreprise EOZ, à Ozoir-la-Ferrière, spécialisée dans le secteur d'activité de la fabrication de matériel d'installation électrique, prend position dans la Ruhr et à Munich.

 

 

 

 

 

L'international, c'est maintenant !

Le nouveau Plan Régional d'Internationalisation des Entreprises (PRIE) d'Île-de-France met en cohérence et en complémentarité tous les acteurs et dispositifs existants. Objectif : accompagner les PME franciliennes sur les marchés étrangers.

On compare souvent la création d'entreprise à un parcours du combattant. Que dire alors de son internationalisation ! Ce n'est pas deux ou trois portes, mais une bonne douzaine qu'il faut pousser pour avoir une chance de réussir, si tant est qu'on dispose d'un bon produit ou service, qu'on ait identifié le bon marché cible et qu'on ait les moyens d'investir. “À la demande de la ministre du commerce extérieur, les Régions ont été placées en 1ère ligne pour rétablir l'équilibre de la balance commerciale française d'ici 5 ans”, explique Sylvain Leclancher, de la Direction du développement économique et de l'innovation à la Région Île-de-France.

Un accès direct et efficace à l'information
Avec la mise en place du Plan Régional d'Internationalisation des Entreprises (PRIE) d'Île-de-France, il s'agira dorénavant, chaque année, d'accélérer et de sécuriser le développement à l'export de 1 500 entreprises. Principalement sur quatre thématiques : les éco-activités, les industries, la santé et les TIC. “Pour simplifier leur parcours, nous allons faciliter leur accès à l'information via le site www.iledefrance-international.fr dont une nouvelle version sera disponible avant l'été. En croisant deux critères – par exemple Mozambique et traduction –, l'entreprise trouvera rapidement la ressource qu'il lui faut”, résume Sylvain Leclancher.

Un référent unique
Si l'information est la plus précieuse des données, elle ne doit pas conduire l'entrepreneur à faire l'économie de la définition préalable d'une véritable stratégie sous peine de sérieuses désillusions. Un apport important du PRIE porte sur la désignation d'un référent qui accompagnera la PME dans la durée et l'aidera à mobiliser tous les partenaires disponibles : Banque publique d'investissement, Ubifrance, COFACE, pôles de compétitivité, Départements... Ceux-là même qui ont rejoint le dispositif.
Seine-et-Marne Développement a bien évidemment répondu présent. “Nous nous inscrivons pleinement dans cette dynamique et cette stratégie régionale, affirme Gérard Eude, le Président de Seine-et-Marne Développement. Il n'y a plus à hésiter si nous voulons constituer une équipe Île-de-France solide, homogène et capable d'aller gagner à l'extérieur.”

Osborn Metals SA, implantée à Meaux et à Longueville, est accompagnée par Seine-et-Marne Développement dans sa démarche export.

 

 

 

 

 

C'EST PARTI !
La Région Île-de-France et ses partenaires (1) ont choisi de mettre en place le PRIE et ses outils par étapes. Un “pilote” va être expérimenté dès ce printemps avec une centaine d'entreprises, dont une bonne douzaine en Seine-et-Marne. Leurs activités sont variées, depuis l'énergie solaire aux systèmes pour l'aéronautique en passant par les produits pour la petite enfance ou de chaudronnerie. “Nous leur proposerons une liste de plusieurs référents au sein de laquelle elles choisiront celui avec lequel elle veulent cheminer à l'international ces prochaines années”, détaille Sylvain Leclancher.

(1) Advancity, Agence Régionale de Développement Paris Île-de-France, Astech Paris Region, Bpifrance, Cap Digital, CCI Paris Île-de-France, Coface, Conseils généraux de l'Essonne, de Seine-et-Marne, de Seine-Saint-Denis, des Hauts-de-Seine, des Yvelines, du Val-d'Oise et du Val-de-Marne, Conseillers du Commerce Extérieur de la France, CRMA Île-de-France, Direccte Île-de-France, Mairie de Paris, Medicen Paris Region, Mov'éo, OSCI, Région Île-de-France, Systematic Paris Region, UbiFrance.

 

 

INTERVIEW : Damien Romanet, Directeur général adjoint de l'Agence Régionale de Développement (ARD) Paris Île-de-France.
Les entrepreneurs se plaignent régulièrement de la lourdeur des démarches en tous genres. Peuvent-elles se réjouir de ce Plan Régional d'Internationalisation des Entreprises (PRIE) d'Île-de-France ?
D. R. :
J'en suis convaincu. À la demande de l'État, la Région a conçu un plan pragmatique qui privilégie l'efficacité. Je ne crois pas au mythe du guichet unique. Par contre, quelle que soit la structure qui la suit, si l'entreprise a un référent unique sachant mobiliser tous les acteurs au service de son projet... ça change tout. Mais cela nécessite de parfaitement se connaître les uns les autres, de jouer collectif et de mettre l'entreprise au cœur de notre fonctionnement.

Comment appréciez-vous la mobilisation de Seine-et-Marne Développement ?
D. R. :
L'agence a immédiatement adopté la démarche et joue pleinement le jeu. Ce n'est pas pour me surprendre, car elle avait déjà initié une démarche similaire pour l'accompagnement global des entreprises. Je m'en réjouis, car c'est un acteur volontaire, innovant et enthousiaste qui connaît parfaitement son territoire et ses entreprises.

“Exporter n'est pas simple. Les entreprises peuvent dorénavant compter sur une équipe soudée à leurs côtés.”

Le fonds Export 77 est unique en Île-de-France

Seul département francilien à s'être doté d'un fonds Export, la Seine-et-Marne aide chaque année une trentaine d'entreprises industrielles et de services à l'industrie à conquérir des marchés étrangers.

 Electrostock à Serris est candidat pour bénéficier du prêt croissance qui pourrait être expérimenté par Initiative Nord Seine-et-Marne en 2015.

 

 

 

 

 

En l'espace d'un an, en 2013, M. Labbe, la PME de Tournan-en-Brie spécialiste de la chaudronnerie inox, a multiplié les missions à l'étranger pour aller remplir son carnet de commandes. “Nous avons consacré plus de 60 000 € à des participations à des salons professionnels en Russie, en Chine, au Maroc et en Autriche”, détaille son dirigeant Thomas Labbe. Cette stratégie relativement nouvelle qui a valu à la société le Prix 2013 du Primo-Exportateur, a pris sa source en 2011 quand le dirigeant a participé à un programme de Seine-et-Marne Développement destiné à stimuler la stratégie des entreprises. “Pour ma part, je me donne les moyens de réaliser rapidement 50% de notre CA à l'export. Cela nécessitera d'être patient – les premiers retours arrivent – et persévérant. De ce point de vue, l'aide de Seine-et-Marne Développement est la bienvenue. L'an dernier, l'agence a pris à sa charge 50% de nos inscriptions aux salons russes et chinois”.

170 000 € d'aide en 2013
M. Labbe compte parmi les 27 entreprises aidées par le fonds Export de Seine-et-Marne Développement en 2013 pour un total de 170 000 €. “2014 démarre très fort puisque nous avons déjà été sollicités, sur les deux premiers mois, par 18 entreprises, analyse Élodie Quilleré, l'expert “International” de l'agence. “À toutes, nous rappelons qu'il ne s'agit pas de faire un coup, mais d'inscrire son action dans une véritable stratégie après avoir validé son projet. À cette fin, nous proposons un contrat de développement export qui consiste à un accompagnement sur deux ans. Ensuite, il est temps de mobiliser notre fonds Export pour réaliser une étude de marché, faire homologuer un produit, partir en mission ou participer à un salon.”

Exporter le savoir-faire français
Cette maturité, Caplain Machines (Brie-Comte-Robert), l'a acquise depuis longtemps, ce qui lui permet de réaliser plus de 60% de son chiffre d'affaires à l'international. Sa dirigeante, Cécile Richard, est directement à la manœuvre. Conseillère du Commerce Extérieure de la France, elle est évidemment convaincue des bienfaits d'une stratégie export. “Je reviens de Dubaï, d'Inde et de Singapour où nous avons exposé nos machines pour boulangeries et pâtisseries. À ce jour, nous en avons vendu dans plus de 100 pays dans le monde”. Une réussite qui a un coût – plus de 100 000 € chaque année, soit 70% du budget de prospection de la société – que Seine-et-Marne Développement a déjà plusieurs fois allégé. Sa dernière participation a permis à Caplain Machines d'exposer au Qatar où la baguette et les croissants français sont particulièrement prisés !

Cap sur le Japon

Fin octobre, comme tous les deux ans, une mission économique seine-et-marnaise se rendra au Japon à l'occasion des Assises de la coopération franco-japonaise. Au préalable, une journée de présentation du marché japonais permettra à 5 à 7 entreprises éventuellement intéressées par ce voyage de confirmer leur participation. L'agence économique du Département prenant à sa charge l'organisation de leurs rendez-vous d'affaires, elles n'auront à acquitter que leurs billets d'avion et leur hébergement à Kobe (capitale du Hyogo, jumelée avec la Seine-et-Marne), Osaka et Tokyo. Principalement destinée aux entreprises industrielles et de services à l'industrie, cette opération fera cette année un focus sur l'art de vivre à la française : agro-alimentaire, design, cosmétique, ameublement, etc.
En savoir + : e.quillere@smd77.com

L'enseignement supérieur en renfort

Des centaines d'étudiants suivent actuellement une formation à l'international à l'université et dans les écoles supérieures de Seine-et-Marne. Ils constituent un vivier naturel pour les entreprises souhaitant renforcer leur stratégie export.

La Seine-et-Marne compte une trentaine de formations supérieures à l'international, dont le MBA de l'INSEAD à Fontainebleau.

 

 

 

 

 

Amelle El Bakkal, jeune titulaire d'un Master en Études Européennes internationales de l'Université de Paris Est-Marne-la-Vallée (UPEM) a effectué, l'été dernier, un stage de 3 mois au Hyogo (Japon) dans le cadre du partenariat qui unit cette province japonaise à la Seine-et-Marne. “Chaque année, Seine-et-Marne Développement envoie deux étudiants au Japon et en reçoit un”, résume Élodie Quilleré. “Du BTS de commerce international du lycée Galilée de Combs-la-Ville au Master Expertise du développement et de management de projets internationaux, en passant par le MBA de l'INSEAD de Fontainebleau... nous avons la chance de compter une trentaine de formations supérieures à l'international dans le département et incitons les entreprises à utiliser ce vivier.”

L'UPEM favorise la mobilité de ses étudiants
Plusieurs formules existent selon les établissements et les besoins des entreprises. “À l'UPEM, nous allons dorénavant pouvoir proposer aux entreprises, via Ubifrance, de recourir au Volontariat International en Entreprise (VIE, voir l'interview ci-dessous) pour missionner nos étudiants, explique Irina-Nicoleta-Simion, responsable du Service des relations internationales de l'Université de Marne-la-Vallée qui cite aussi le dispositif Erasmus + ou l'aide à la mobilité internationale étudiante (AMIE). Nous incitons fortement nos étudiants à effectuer des stages à l'étranger. Actuellement, 280 d'entre eux bénéficient d'une aide financière à ce titre, mais beaucoup d'autres partent sans recourir à nos services. Logiquement, pour des raisons de proximité et de financement, les pays européens sont les destinations les plus prisées. L'Asie vient ensuite avec la Chine, le Japon, Taïwan et la Corée du Sud. Dans tous les cas, la langue peut faire barrage et nos étudiants doivent encore beaucoup progresser de ce point de vue. Nous faisons donc de l'acquisition des langues étrangères la priorité dans toutes nos formations, notamment au travers de la mise en place d'une plateforme d'enseignement en ligne.”

SHANGHAI mode d'emploi
En mars dernier, huit étudiants de 2e année du BTS de commerce international du lycée Jean Rose de Meaux sont partis une semaine à Shanghai. Chacun était plus particulièrement missionné par un parrain qui lui avait confié une prospection spécifique. Seine-et-Marne Développement a ainsi chargé Quentin Samah et Rémi Heurtier de repérer dans la plus grande mégalopole chinoise (23,5 millions d'habitants) des partenaires potentiels pour les PME de son territoire. Les deux étudiants, qui ont aussi le projet de rédiger un guide d'aide à l'implantation et à l'exportation à Shanghai, ont notamment travaillé sur quatre thématiques : le tourisme, le BTP, l'agroalimentaire et l'aéronautique.

De gauche à droite : Quentin Samah, Xing You - directrice de l'ARD à Shanghai, Rémi Heurtier.
© Samah/Heurtier

 

 

 

 

 

 

INTERVIEW : Audrey Marques, Directrice générale et Associée d'EOZ à Ozoir-la-Ferrière.
EOZ vient de missionner deux jeunes du Volontariat International en Entreprise (VIE) sur le marché allemand. Pourquoi avoir choisi cette formule ?
A. M. :
Elle présente l'avantage d'éviter d'avoir à recruter à plus long terme sans savoir si le retour sur investissement sera suffisant. Notre engagement porte sur un an, renouvelable une fois. C'est suffisant pour prendre position dans la Ruhr et à Munich, où nous voulons valoriser l'image de qualité et de sécurité de nos claviers interface homme/machine pour l'industrie.

Vous auriez pu faire appel à des agents sur place à moindre frais encore...
A. M. :
Oui, mais contrairement aux VIE, ils auraient représenté les intérêts de plusieurs clients. Nous y gagnons en efficacité et en flexibilité. Mais surtout, c'est un pari sur la jeunesse. Certes, nos deux représentantes n'ont pas encore d'expérience, mais elles ont un dynamisme et une créativité riches de promesses.

Combien vous coûtent-elles ?
A. M. :
Chaque volontaire, salarié par UbiFrance, nous coûte environ 25 000€ par an, mais nous en récupérons 50% en crédit d'impôt.

“Les VIE ont une vraie passion pour l'international. Ils abordent l'export avec un regard neuf et sans tabou.”

SOURCE

Trajectoires n° 35 – AVRIL-MAI 2014

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Format : 10/2017
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