Publié le 31/01/2014

Efficacity, à Marne-la-Vallée : un consortium au service de l’efficacité énergétique en ville

Veolia, EDF, GDF Suez, L'École des Ponts ParisTech, l’école Nationale Supérieure d’Architecture ou encore l’Institut National de la Recherche en Informatique et Automatique*… Au sein du Consortium Efficacity, basé à Marne-la-Vallée, acteurs privés et publics s’associent afin de faire diminuer la consommation d’énergie en milieu urbain.

Veolia, EDF, GDF Suez, L'École des Ponts ParisTech, l'école Nationale Supérieure d'Architecture ou encore l'Institut National de la Recherche en Informatique et Automatique*... Au sein du Consortium Efficacity, basé à Marne-la-Vallée, acteurs privés et publics s'associent afin de faire diminuer la consommation d'énergie en milieu urbain.

Claude Arnaud, président d'Efficacity.

"En matière d'énergie, le facteur humain est au moins aussi important que la technologie !"

 

 

 

 

 

Des grandes entreprises dont certaines sont concurrentes, des laboratoires publics, des grandes écoles, des universités... Le consortium Efficacity offre un visage singulier, associant des partenaires qui collaborent encore rarement. C'est que son objectif est particulièrement ambitieux : réduire la consommation d'énergie en milieu urbain, la ville étant, devant l'industrie, le plus gros consommateur d'énergie. À l'origine de cette démarche, l'appel à projet lancé par le précédent gouvernement, sur la thématique de “l'énergie décarbonée”. Ou “comment diminuer le recours aux énergies fossiles” traduit Claude Arnaud, président d'Efficacity, salarié de Veolia Environnement et directeur du développement de Transdev, sa branche transports.

Un consortium associant acteurs publics et privés
Deux ans et demi plus tard, soit en octobre dernier, Efficacity signe donc un contrat avec l'ANR (Agence Nationale de la Recherche), cette dernière apportant 15 millions d'euros tandis que les partenaires privés assurent un financement de 43 millions d'euros sur dix ans. L'entreprise, dotée d'un statut de SAS, est détenue à 49 % par les laboratoires et membres académiques et à 51 % par les partenaires privés. “Nous nous installons à Marne-la-Vallée, dans le bâtiment Bienvenu, dans le courant du premier trimestre 2014” planifie Claude Arnaud. “Le recrutement des chercheurs venant du public, vient de démarrer. Quant aux ingénieurs chercheurs venant de nos entreprises, ils sont déjà identifiés et seront mis à disposition dans les prochaines semaines”.

Une approche systémique de la ville
L'action d'Efficacity s'inscrit dans la continuité des accords de Kyoto, avec cette originalité toutefois, une approche systémique de la ville : “Nos prédécesseurs raisonnaient sur des éléments simples – un immeuble, un groupe d'immeubles, avec donc des baisses relativement faibles de la consommation d'énergie. Nous, nous raisonnons à l'échelle d'une ville existante”. Seconde originalité d'Efficacity, son approche dynamique. La ville n'est pas considérée comme un simple ensemble de bâti mais comme un ensemble de bâti et de transports. “On ne vit pas reclu dans son appartement, on se déplace. Il faut avoir un raisonnement dynamique”. Claude Arnaud donne l'exemple du métro. “Quand un métro freine, il produit de l'énergie thermique. Au lieu d'être ventilé vers l'extérieur, cet air chaud pourrait être récupéré pour chauffer des bâtiments alentours”.

Le facteur humain
Dernière originalité d'Efficacity enfin, son approche multidisciplinaire. “Même avec les meilleures technologies et les meilleures dispositions du monde, si on ne tient pas compte du comportement humain, on ne parviendra à rien”. L'exemple le plus frappant reste sans doute, à ce jour, celui de la voiture électrique : tous les constructeurs ont des offres en voitures électriques mais les conducteurs sont encore très réticents. “Nos comportements ne sont pas aussi mathématiques qu'une équation. Il faut mettre des sciences sociales là-dedans”. Afin d'anticiper et d'accompagner l'évolution des comportements, l'entreprise convie dans ses rangs des ergonomes, des sociologues et des économistes. Car “en matière d'énergie, le facteur humain est au moins aussi important que la technologie !”.

* Le consortium Efficacity comprend 6 industriels, 7 sociétés d'ingénierie et 15 membres académiques.

Le contrat signé avec l'ANR prévoit trois catégories de programmes.

- Conception d'objets urbains (gares, centres commerciaux, bâtiments de bureaux...) à faible consommation d'énergie.
- Développement de technologies et de dispositifs (pompes à chaleur, régulateurs, automates) permettant de récupérer de l'énergie et de la coupler avec des réseaux existants (électriques, de chaleur, d'eau...) afin de la réutiliser ailleurs.
- Programme de mesures et de valorisation afin de mesurer l'efficacité énergétique, de valoriser l'énergie récupérée (en euros) et de la réinjecter dans l'économie urbaine.

SOURCE

Trajectoires n° 34 – FEVRIER-MARS 2014

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Format : 08/2017
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