Publié le 02/09/2013

Diplôme Universitaire Compagnon en Développement Durable à l’IUT de Marne-la-Vallée : Former les professionnels du bâtiment à la construction et la rénovation HQE

En cette rentrée 2013, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), associé à l’IUT de Marne-la-Vallée, inaugure un Diplôme Universitaire (D.U.) Compagnon en Développement Durable. Objectif : former des professionnels du bâtiment compétents en matière d’efficacité et de rénovation énergétique.

En cette rentrée 2013, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), associé à l'IUT de Marne-la-Vallée, inaugure un Diplôme Universitaire (D.U.) Compagnon en Développement Durable. Objectif : former des professionnels du bâtiment compétents en matière d'efficacité et de rénovation énergétique.

Dominique NAERT, directeur des établissements franciliens du CSTB

“Nous allons donner aux Bac pro le bagage universitaire nécessaire pour leur permettre de comprendre le langage des bureaux d'études, des architectes et des maîtres d'œuvre.”

 

 

 

 

 

“Jusqu'aujourd'hui, seule la formation des architectes, des maîtres d'ouvrage et des bureaux d'étude était assurée. Mais lorsqu'on fait des contrôles pour les certifications, on se rend compte que la mise en œuvre n'est pas de qualité”. Dominique Naert est directeur des établissements franciliens du CSTB. La mission de cette institution : faire en sorte que les bâtiments rénovés ou construits répondent aux exigences de sécurité, santé et confort. “Or, pour ce faire, il faut une précision dans la mise en œuvre que les hommes de terrain ne possèdent pas...”. Dominique Naert est également président du conseil de l'IUT de Marne-la-Vallée. Cette double casquette l'a amené, en toute logique,
à élaborer le D.U. Compagnon en Développement Durable, “compagnon” étant le nom donné aux personnes qualifiées sur les chantiers.

Un diplôme pour les Bac pro
Ce diplôme, sous-titré “construction et rénovation énergétique”, s'adresse aux Bac pro. “Je me suis aperçu que les Bac Pro n'étaient pas acceptés dans les IUT” retrace Dominique Naert. “On considère qu'ils ne maîtrisent pas suffisamment la partie théorique”. Le D.U., sur un an, qui se compose de 700 heures à l'IUT (axées à 70 % sur de la pratique) et de 1100 heures en entreprise, comprend donc une importante partie théorique. “Nous allons leur donner le bagage universitaire nécessaire pour leur permettre de comprendre le langage des bureaux d'études, des architectes et des maîtres d'œuvre”. La formation dispensera ainsi des cours de français, d'anglais et de mathématiques appliqués au terrain.

Des étudiants de tous les corps de métiers du bâtiment
Côté pratique, la pédagogie développée est particulièrement innovante. Les étudiants ne travaillent pas sur des maquettes mais sur des bâtiments à échelle un. Cette immersion dans la réalité doit leur permettre de travailler sur l'interface entre les différents métiers du bâtiment. “En matière de performance du bâti, la problématique des interfaces est centrale” analyse Dominique Naert. “Ça peut être par exemple un électricien ou un plombier qui perce un mur sans prendre en considération le problème de pont thermique, avec un ou plusieurs points de la construction où la barrière isolante est rompue. Ça peut être une finition entre la menuiserie et la maçonnerie mal exécutée faute d'une bonne communication entre le menuisier et le maçon... L'étanchéité à l'air du bâtiment qui aurait dû permettre de faire des économies d'énergie ne sera jamais atteinte”. Chaque section du D.U. accueillera donc des étudiants issus de tous les métiers du bâtiment, maçons, charpentiers, couvreurs, plombiers, peintres, électriciens et autres bardeurs qui travailleront ensemble afin d'optimiser leur collaboration pour obtenir la qualité et les performances souhaitées des bâtiments.

Une formation qui essaime déjà
Et la formule fait mouche : vingt entreprises se sont déjà mises sur les rangs pour prendre des étudiants du D.U. en alternance. “La construction et la rénovation énergétique, c'est l'avenir du secteur” prédit Dominique Naert. “Aujourd'hui, il y a un marché, de l'argent débloqué... mais pas assez d'entreprises pour accompagner la mutation”. Pour répondre à ce besoin croissant, deux autres formations sont déjà en préparation : un D.U. destiné aux titulaires d'un bac général à qui seront enseignés les fondamentaux et la culture des métiers du bâtiment (CAP en 1 an) suivi du D.U. et un D.U. orienté vers la restauration HQE de bâtiments patrimoniaux. “Nous allons essaimer à travers la France” parie Dominique Naert. “La demande est bien là et nous avons déjà des pistes sérieuses”.

Une pédagogie innovante

La pédagogie développée par le D.U. Compagnon en Développement Durable est innovante à deux titres. Premièrement, plutôt que de cantonner son enseignement à la théorie, au dessin et aux maquettes, elle propose à ses étudiants d'apprendre sur des constructions à taille réelle et de les immerger ainsi dans la réalité. Deuxièmement, ses étudiants sont recrutés dans tous les corps de métiers du bâtiment, à dessein.
En travaillant de concert, ils apprennent à collaborer et à mieux communiquer afin d'assurer, ensemble, les performances d'une construction.

SOURCE

Trajectoires n° 32 – SEPTEMBRE-OCTOBRE 2013

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Format : 08/2017
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