Publié le 13/11/2014

Développement économique : la Seine-et-Marne en 1 ère ligne !

À l’interface entre la Région et les territoires, le Conseil général est un acteur majeur du développement économique de la Seine-et-Marne. Au-delà des aides financières apportées aux entreprises et aux collectivités locales, il impulse, notamment via Seine-et-Marne Développement, son agence économique, des projets et des partenariats innovants pour permettre à ses habitants de travailler davantage sans quitter leur département. Cette politique volontariste vient d’être évaluée pour le Conseil général.

Le savoir-faire de leurs compagnons, et la qualité des fabrications métalliques KEMP SAS à Chelles, se transmettent dans leurs ateliers depuis 4 générations (1925).

Une démarche volontaire qui porte ses fruits

Entre 2008 et 2013, la Seine-et-Marne a consacré 37,9 M€ au développement économique de ses territoires. Une évaluation de cette politique publique vient d'être réalisée, pour en apprécier l'efficacité, mais aussi l'adapter aux nouveaux besoins des entreprises et des collectivités accompagnées.

Pièces fabriquées chez Essinox à Savigny-le-Temple

Chaque année, Seine-et-Marne Développement instruit pour le compte du Conseil général, une centaine d'aides directes à des entreprises et monte une cinquantaine d'opérations avec les collectivités territoriales – communautés de communes ou d'agglomération principalement – de son territoire. Coût global : 6,3 millions d'euros. “Dans une période budgétaire contrainte, cela représente beaucoup d'argent pour une compétence non obligatoire, même si cela ne correspond qu'à 0,5 % des dépenses du Département, observe Didier Turba, Vice-Président aux Finances du Conseil général. Nous avons donc décidé d'évaluer cette politique d'action économique, comme nous l'avions fait précédemment pour nos actions d'insertion”. Au printemps dernier, un questionnaire a donc été envoyé à 900 entreprises et aux collectivités territoriales bénéficiaires (voir les principaux résultats ci-contre). Leurs appréciations positives n'ont guère surpris Gérard Eude, le Vice-Président du Conseil général qui préside Seine-et-Marne Développement. Il y voit toutefois une opportunité de s'interroger sur la façon d'être plus efficace encore. “Incontestablement, la Région reste le chef de file dans l'impulsion des politiques de développement économique. Mais Paris est loin... et notre accompagnement demeure nécessaire pour les relayer sur des territoires qui n'ont pas encore toujours la taille et les structures adaptées pour mettre en œuvre ces politiques”.

Priorité à l'emploi

Réorientée en 2010, la politique départementale s'articule autour de trois axes forts : le renforcement de l'attractivité économique de la Seine-et-Marne, l'amélioration de la compétitivité des entreprises et le soutien à l'emploi. “Notre population a doublé en quarante ans et 65 actifs sur 100 seulement travaillent en Seine-et-Marne. Notre objectif est d'arriver rapidement à 80”, explique Gérard Eude. “Nous ciblons principalement les entreprises industrielles et de services aux industries, que nous incitons à exporter et à innover. Depuis la mise en place des Pôles de compétitivité, nous aidons chaque année une dizaine d'entre-elles à participer à de grands programmes au travers de subventions pouvant atteindre 100 000 €.” Ces dernières années, des aides à la stratégie, à l'innovation ou au développement durable sont venues enrichir une boîte à outils déjà bien fournie.

Parallèlement, Seine-et-Marne Développement multiplie les partenariats avec les territoires que l'Agence aide à se structurer et à s'équiper. Initiatives Télécentres 77 en constitue l'un des exemples les plus récents. Cette association, qui regroupe déjà une cinquantaine de collectivités et d'entreprises, s'emploie à doter la Seine-et-Marne d'un réseau de télécentres et d'espaces de coworking. 7 ont déjà été créés et 4 autres sont prévus prochainement. 

 

Les chiffres clés
Chaque année, Le Conseil général de Seine-et-Marne consacre environ 6,3 M€ au développement économique du département, dont 4 M€ directement dédiés aux entreprises et aux collectivités. Cela représente 0,48 % du budget du Conseil général de Seine-et-Marne. Le Fond Export est le plus sollicité (30 à 50 dossiers par an), devant l'aide à l'innovation (20). Les financements de la participation des PME à des projets collaboratifs des pôles de compétitivité sont moins nombreux (5 à 10 par an), mais plus importants (jusqu'à 100 000 €).

- 73,3 % des entreprises bénéficiaires ayant répondu à l'enquête se déclarent totalement satisfaites de l'aide ou de l'accompagnement qu'elles ont reçus.
- 83,9 % estiment que le montage des dossiers d'aide ou l'accès aux dispositifs a été facile ou très facile.
- 89 % des collectivités bénéficiaires interrogées considèrent que les aides ou accompagnements octroyés ont totalement ou partiellement répondu à leurs besoins.
- 94 % des entreprises et 73 % des collectivités interrogées jugent les critères d'éligibilité pertinents ou très pertinents.
- 70,5 % des entreprises et 82,6 % des collectivités n'auraient pas réalisé leur projet ou ne l'auraient engagé que partiellement sans l'aide ou l'accompagnement du Département.
- 42,1 % des entreprises estiment que l'aide ou l'accompagnement dont elles ont bénéficié a permis la création ou le maintien d'emplois.

Source : étude Edater et Sofred auprès de 215 entreprises et 50 collectivités en mars et avril 2014.

 

Un partenariat personnalisé avec les territoires

Véritable centre de ressources et d'expertise auprès des collectivités locales, Seine-et-Marne Développement s'emploie à faire émerger des réponses nouvelles et audacieuses, génératrices d'emplois et de services.

 

INTERVIEW : Damien Marc, Dirigeant de l'entreprise JPB Système à Montereau-sur-le-Jard

« Le Département est un partenaire très présent à nos côtés pour faciliter nos projets de croissance. Notre implantation à Villaroche lui doit beaucoup. »

 

Quelles formes a pris l'accompagnement de votre entreprise par Seine-et-Marne Développement ces dernières années ?
D.M. : Des formes multiples, tant l'Agence connaît bien nos besoins. L'une des plus récentes, il y a un an, est une aide à l'implantation sur le site de Villaroche, dans une période où nous envisagions de quitter la Seine-et-Marne. Mais la plus importante est sans conteste l'aide financière reçue pour intégrer le projet MAIAS (Maîtrise de l'Amortissement Induit dans les Assemblages) labellisé par le Pôle de compétitivité ASTech Paris Region® aux côtés d'EADS et du CNES. Le Département a pris en charge 45 % de notre participation.

L'agence est donc intervenue à d'autres occasions ?
D.M. : Oui, à plusieurs reprises. Parce qu'elle a confiance en notre potentiel, elle nous informe régulièrement des aides et dispositifs auxquels nous pouvons prétendre. Je pense notamment à son Fonds Export qui nous a permis de participer à des missions à l'étranger. Dans le cadre d'un plan de réindustrialisation, nous avons aussi reçu des aides à l'embauche et bénéficié du financement d'une étude de marché sur la diversification de nos activités. Précédemment, il y avait aussi eu l'abondement d'un prêt OSEO en 2009, destiné à amorcer notre projet d'industrialisation.

 

 

JPB Système a su, en l'espace de quelques années, se faire un nom sur le marché des produits autofreinants pour moteurs d'avion. 

 

 

 

Fin octobre, Seine-et-Marne Développement a ratifié la convention qui la lie jusqu'à fin 2015 à la Communauté d'agglomération du Pays de Meaux. Si la collaboration n'est pas nouvelle entre les deux partenaires, ils ont ainsi souhaité rendre plus visible, donc plus fructueuse leur coopération. “Plusieurs actions sont déjà prévues, notamment une prochaine réunion du Club des développeurs 77 à Meaux, la présence de la CAPM au Salon de l'Immobilier d'entreprise sur notre stand ou la participation d'entreprises de la filière aéronautique de son territoire au Salon du Bourget 2015 et à la convention d'affaires Aérospace Day à Orly”, détaille David Rozenberg, le chargé de mission qui suit plus particulièrement ce territoire à Seine-et-Marne Développement.

À l'autre extrémité du département, la Communauté de communes des Deux Fleuves entretient elle aussi des relations suivies avec l'agence économique du Conseil général. “C'est un partenaire incontournable, résume Sophie Chambaut, la directrice générale adjointe de la CC2F. Nous l'associons systématiquement à toutes nos réflexions stratégiques. Par exemple, nous avons travaillé ensemble à l'élaboration du schéma directeur des activités économiques qui nous servira de guide ces quinze prochaines années. Elle nous a aussi bien épaulés dans notre volonté de créer sur notre territoire une filière de la fibre optique et de l'aménagement numérique”. Cette ambition est aujourd'hui devenue réalité avec l'ouverture, cette année, d'un campus numérique à Montereau-Fault-Yonne. La CC2F a investi 2 M€ dans l'opération qui a bénéficié d'un fort soutien financier du Département (0,75 M€), de l'état et de la Région. “à l'étage, nous ouvrirons l'été prochain un télécentre dans la dynamique d'Initiatives Télécentres 77, l'association initiée entre autres par Seine-et-Marne Développement”.

De la même façon, l'agence a été appelée en renfort par la Communauté d'agglomération Melun Val de Seine pour le positionnement d'une filière dédiée à l'innovation alimentaire. “À Sénart, nous travaillons avec le Syndicat d'agglomération nouvelle (SAN) sur le renforcement des filières logistiques et éco-activités”, explique Lydie Benko, chargée des relations avec les collectivités du Sud Seine-et-Marne à Seine-et-Marne Développement. “Pour les implantations, l'Agence s'appuie sur l'établissement public d'aménagement (EPA), auquel 24 dossiers ont été transmis en 2013”. 

Objectifs atteints pour Seine-et-Marne Développement
En 2016, Seine-et-Marne Développement fêtera le 25ème anniversaire de sa création au service des entreprises et des collectivités locales du département. C'est en 1991 qu'elle a succédé au Comité départemental d'animation économique, dans un souci de meilleure lisibilité de ses interventions.
L'Agence compte à ce jour 19 salariés en équivalent temps plein, dont 13 cadres et experts en charge d'une thématique et/ou d'un territoire spécifique. L'appréciation par les bénéficiaires de son action est très positive, puisque la compétence de son équipe est jugée très satisfaisante ou satisfaisante à 97,2 %. Même satisfecit pour la qualité de ses interventions (94,4 %) et son offre de services (89,6%).

 

Au plus près des entreprises

Seine-et-Marne Développement est devenue au fil des ans le partenaire incontournable des entreprises qui, de plus en plus nombreuses, apprécient particulièrement la haute spécialisation de son expertise.

 

 

La SAS Kemp vise les 30% à l'export d'ici 5 ans. 

 

 

Quand elles recherchent soutien, accompagnement et/ou informations, les entreprises seine-et-marnaises ont maintenant le réflexe de frapper à la porte de Seine-et-Marne Développement. Ici, chaque thématique a son spécialiste : l'innovation, l'aide à l'export, l'aéronautique, les éco-activités... “Ainsi, les entreprises savent très précisément à qui s'adresser, résume François-Xavier Deflou, le Directeur de l'Agence. Chaque année, nous sommes en contact avec plus de 300 PME/PMI et nous en accompagnons une centaine, principalement dans leurs projets à l'export ou à l'innovation, mais aussi sur la stratégie et la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises)”.

Les exemples de Happy Crulture (Vaux-le-Penil) et Non Stop System (Croissy-Beaubourg) illustrent bien le soutien que Seine-et-Marne Développement accorde aux entreprises et aux porteurs de projets bien ficelés.

La première n'a pas encore six mois, mais l'enthousiasme de sa fondatrice, Camila Prioli, a convaincu l'Agence et la Plateforme Initiatives Val de Seine et Sud Seine-et-Marne de miser sur le Kale, un chou oublié, que la SARL transforme cru en chips bio. “Il me fallait 100 000 €.

Le Département m'a octroyé une aide de 7 456 € tandis que la Plateforme m'a consenti deux prêts d'honneur (30 000 €). Ces apports, indispensables, crédibilisent aussi ma démarche auprès d'autres financeurs. Aujourd'hui, un producteur seine-et-marnais intensifie sa production de Kale, Sol Semilla nous a référencé et nous donne accès à un réseau de 300 boutiques. C'est bien parti ! ”Non Stop System se positionne pour sa part sur un marché qui donnera sa pleine mesure dans les années à venir : la sécurité des informations et des applications, que les PME commencent à héberger sur le Cloud.

“Nous sommes à l'initiative du projet Nu@ge que l'état a accepté de soutenir dans le cadre des Investissements d'avenir, explique Marc Triboulet, patron de cette dynamique SSII. Nous poursuivons maintenant avec RAVIR, un second programme labélisé par le Pôle de compétitivité Systematic visant, avec une demi-douzaine d'entreprises (Ucopia, Thalès, gandi.net...) et le laboratoire LIP6 (Jussieu), à développer les éléments nécessaires au contrôle des réseaux d'accès au Cloud”. Pour la société, le ticket d'entrée s'est élevé à 500 000 €.

“Une participation hors de notre portée si l'on considère nos 325 000 € de CA annuel. La subvention du Conseil général, à hauteur de 230 000 €, s'est donc révélée plus que décisive”.

 

Innovation, mode d'emploi
En 2012, Seine-et-Marne Développement a instauré avec la CCI 77 le programme INNOV77, destiné à accompagner les entreprises dans leurs projets innovants en les plaçant au cœur d'un réseau facilitant leurs recherches de soutiens financiers, scientifiques ou techniques.
“Une fois par mois, une permanence diagnostic décentralisée permet aux entreprises de rencontrer les autres partenaires du réseau (Paris Région Entreprises, INPI et Bpifrance) qui les orienteront vers tous les acteurs seine-et-marnais et tous les dispositifs destinés à favoriser l'innovation” souligne Sonia Dutartre, Directrice-adjointe de Seine-et-Marne Développement. INNOV77 organise également des ateliers pour explorer des thématiques – récemment le financement de l'innovation, la propriété industrielle ou les Pôles de compétitivité – et des conventions d'affaires semestrielles mettant en contact donneurs d'ordres, PME et centres de ressources et de recherches. La prochaine, le 11 décembre prochain, aura pour thème les déchets et leur recyclage.

 

 

INTERVIEW : Jean-Christophe LaporteDirigeant de la SAS Kemp à Chelles 

« L'aide financière est la bienvenue, mais l'accompagnement et les informations fournies sont plus précieuses encore. »

 

Depuis quand votre société développe-t-elle une stratégie à l'export ?

J.C. L. : Depuis deux ans. Il nous fallait d'abord travailler nos produits – des équipements pour les cheminées et les poêles à bois – et notre stratégie marketing. Il ne sert à rien de partir à l'étranger sans disposer d'une offre attrayante. Début 2014, nous avons participé à un grand salon professionnel en Italie. Au total, quelque 100 000 € ont déjà été investis dans cette stratégie... et il va falloir poursuivre notre effort.

Avez-vous déjà obtenu des résultats ?

J.C. L. : Cette année, nous ferons probablement 8 % de notre CA à l'export. C'est deux fois plus qu'il y a deux ans. Nous avons notamment décroché des contrats en Allemagne, en Angleterre, au Danemark, aux Pays-Bas, en Italie ou en Turquie, tout en confortant nos parts en Belgique. D'ici 5 ans, nous visons les 30 % à l'export.

L'aide de Seine-et-Marne Développement vous a-t-elle été précieuse ?

J.C. L. : Sans aucun doute. Au-delà d'une participation financière pour le salon en Italie, c'est son accompagnement qui a été le plus précieux. L'Agence s'est proposée d'elle-même. Elle nous a assistés dans la rédaction de nos conditions générales de vente à l'export et nous a présenté les aides à l'investissement auxquelles nous pouvions prétendre.

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Format : 11/2017
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