Publié le 01/09/2011

Développement durable développement rentable

La conversion des entreprises au Développement Durable n’est plus une alternative, mais une nécessité. Plutôt que de l’appréhender comme une contrainte, les entreprises peuvent en faire un atout majeur, source d’économies, d’innovation, de compétitivité, donc de pérennité. Grâce au programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne”, Seine-et-Marne Développement a déjà accompagné une trentaine d’entreprises de son territoire dans la définition d’une stratégie et l’engagement d’actions concrètes.

La conversion des entreprises au Développement Durable n’est plus une alternative, mais une nécessité. Plutôt que de l’appréhender comme une contrainte, les entreprises peuvent en faire un atout majeur, source d’économies, d’innovation, de compétitivité, donc de pérennité. Grâce au programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne”, Seine-et-Marne Développement a déjà accompagné une trentaine d’entreprises de son territoire dans la définition d’une stratégie et l’engagement d’actions concrètes.

Taquets de guidage de store fabriqués par la Fonderie Roger d’Égreville, pionnière du programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne”.

 

 

 

 

 

 

 

Le nouveau siège du SIESM (Syndicat Intercommunal des Énergies de Seine-et-Marne) à La Rochette. Bâtiment à énergie positive, c’est-à-dire qu’il produira plus d’énergie qu’il n’en consommera.

 

 

 

 

 

 

UNE STRATEGIE GAGNANTE

Dès 2007, la Seine-et-Marne fut l’un des premiers départements français à  accompagner ses entreprises vers le Développement Durable. Grâce à la méthode “The Natural Step” (TNS), elle les aide à intégrer les principes de la durabilité dans leur stratégie. Objectif : générer des changements significatifs et pérennes pour réduire l’écart avec le futur souhaité.

Banctec France à Marne-la-Vallée, l’une des entreprises ayant inauguré le programme “PME et Développement Durable” en 2007.

 

 

 

 

Sept entreprises seine-et-marnaises ont rejoint, en juin 2011, le programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne”. Elles vont bénéficier pendant plusieurs mois d’un accompagnement pour transformer ce qui est trop souvent vécu comme une contrainte en atout. “Notre objectif, en créant ce programme en 2007, était avant tout d’ordre économique, précise François-Xavier Deflou, le directeur général de Seine-et-Marne Développement. Tant mieux si la conversion écologique des entreprises se traduit par une meilleure prise en compte de problématiques environnementales fortes, comme la gestion des déchets, les émissions de gaz à effet de serre ou la consommation d’énergie. Mais l’essentiel consiste d’abord à assurer la pérennité des entreprises et à favoriser leur développement. Pour les unes, cela passera par la mise au point de produits innovants, pour d’autres par la réalisation d’économies significatives ou l’affichage d’une stratégie volontariste satisfaisant des clients exigeants.”

Un programme adapté et progressif

C’est avec la conviction que le Développement Durable pouvait donner un second souffle aux PME que Seine-et-Marne Développement a initié ce programme en 2007 pour accompagner les entreprises du Sud du département. Il est désormais accessible à toutes les PME seine-et-marnaises des secteurs de l’industrie et des services à l’industrie. Seule obligation : compter de 20 à 250 salariés et dédier au programme une équipe forte de
4 à 8 personnes réunies autour du chef d’entreprise(1).
La première année, le coût du programme (environ 8 000 € par entreprise) est totalement pris en charge par l’agence économique et l’ADEME. Il comprend 5 ateliers individuels et 3 réunions collectives. “Les entreprises désireuses de poursuivre la démarche peuvent ensuite bénéficier d’années « d’approfondissement » qu’elles financent à hauteur de 1 000 à 2 000 € selon la formule choisie, explique Harold Chénard, le pilote du programme à Seine-et-Marne Développement. Quelle que soit la durée de leur participation, elles auront progressé étape par étape suivant la méthode innovante TNS que nous avons retenue. Le but n’est pas de « faire un coup », mais d’intégrer progressivement le Développement Durable dans les compétences et les métiers de l’entreprise.”
Un gage de succès, visiblement, puisque bon nombre des 34 PME/PMI seine-et-marnaises qui ont rejoint le programme depuis son lancement ont souhaité le poursuivre, soit dès l’année suivante, soit après une pause destinée à digérer les changements opérés. Cette année, 5 d’entre-elles sont en “approfondissement” avec la volonté d’aller plus loin encore dans une stratégie décidément gagnante.

(1)Huit nouvelles PME peuvent rejoindre le dispositif chaque année.

h.chenard_at_@smd77.com - tél. 01 64 14 19 18

DEMARCHE TNS : LES CLES  DE LA REUSSITE
Adoptée avec succès dans de nombreux pays, tant par des grands groupes, que par des PME, The Natural Step (TNS) propose aux entreprises de saisir l’opportunité du Développement Durable. “Plutôt que de continuer à fournir des produits et services qui ont des impacts négatifs sur l’environnement et la société, elles décident de faire partie des solutions, résume Camille Dutheil, consultante à TNS France. Cela suppose de centrer la réflexion et l’action autour de la source des problèmes plutôt que sur la mesure et la diminution des impacts.”
Parmi les clés de la réussite, quatre sont essentielles dans la démarche TNS. D’abord l’engagement du chef d’entreprise, “volontaire et moteur”. Ensuite la décision forte de revisiter la stratégie de l’entreprise pour qu’elle soit créatrice de valeur y compris dans une société durable. Troisièmement, la dimension participative de la démarche qui permet de libérer en chaque collaborateur le potentiel d’énergie lié à un projet d’entreprise porteur de sens. Enfin, la volonté de devenir une véritable organisation apprenante qui permet à l’entreprise d’accroître en continu sa capacité à créer son futur. “Le Développement Durable est une source intarissable pour l’innovation technologique et organisationnelle. Cela demande de s’approprier, avec une vision DD, les limites d’un nouveau terrain de jeu, dans lequel les possibilités de création sont infinies”, conclut Camille Dutheil.

LA FONDERIE ROGER PERSISTE ET SIGNE

Pionnière du programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne”, la Fonderie Roger, poursuit une stratégie économiquement payante et sociétalement gagnante.

Jean-Luc Roger, dirigeant de la Fonderie Roger à Égreville.

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Luc Roger, le dirigeant de la fonderie éponyme située à égreville, au Sud Seine-et-Marne, n’a pas hésité un instant avant de reconduire sa participation au programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne”. Son entreprise figurait parmi les premières engagées en 2007 et elle n’a pas faibli depuis, puisqu’elle a “approfondi” son investissement en 2008, 2009 et 2010. Une stratégie payante, selon Jean-Luc Roger, qui énumère les yeux fermés toutes les actions engagées et les progrès accomplis en 4 ans grâce au programme de Seine-et-Marne Développement.

“La première année fut consacrée à la maîtrise de la méthode TNS. Les deux suivantes ont permis, relativement facilement, de récolter « les fruits mûrs ». Puis, en 2010, nous avons redéfini notre stratégie et communiqué sur nos résultats”, détaille Jean-Luc Roger. Cette année, le petit-fils du fondateur de la Fonderie souhaite travailler sur la norme environnementale ISO 26000 consacrée à la responsabilité sociétale des entreprises. “Elle comprend 7 grandes thématiques que nous avons déjà toutes plus ou moins explorées. Cela va être l’occasion d’évaluer nos acquis et d’identifier de nouvelles marges de progression.”

Impliquer les partenaires

Pour commencer, accompagné par les consultants mis à disposition par Seine-et-Marne Développement et l’ADEME, Jean-Luc Roger va actualiser le bilan carbone de l’entreprise.
“Cela nous permettra de « neutraliser » nos émissions de gaz à effets de serre irréductibles en finançant des programmes de compensation sur la base de 0,5 % de notre CA (1,3 M€).”

L’établissement de son bilan carbone compte parmi les actions phare réalisées depuis 2007. “Il a permis d’identifier des sources importantes d’émission sur le poste des transports et, en corrigeant le tir, de réaliser une économie annuelle de 15 000 €”. Le dirigeant cite aussi une réduction importante des déchets, l’agrandissement des locaux aux normes HQE, l’optimisation de l’usage de l’énergie – par exemple en évitant de laisser les fours en chauffe inutilement – ou l’implication des clients et fournisseurs. “Le Développement Durable s’impose peu à peu, mais reste encore un concept trop vague pour beaucoup de nos partenaires qui le réduisent à sa seule dimension écologique. Il ne faut pas hésiter à communiquer pour avancer ensemble. C’est tout l’intérêt des réunions collectives proposées par le programme. En échangeant sur nos problématiques, nos bonnes pratiques et nos idées, nous nous enrichissons mutuellement et évitons de nous épuiser”, conclut Jean-Luc Roger.  

L’ADEME EN SOUTIEN
Seine-et-Marne Développement a volontairement, et dès 2008, associé l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) au développement de son programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne”. Les entreprises intégrant le dispositif bénéficient ainsi des compétences et de l’expérience de l’établissement public faisant référence pour la mise en œuvre des politiques dans les domaines de l’environnement et de l’énergie. Cofinanceur pour moitié du programme, aux côtés de Seine-et-Marne Développement, l’ADEME Île-de-France intervient également dans le suivi technique, le pilotage de ce projet et sa valorisation sur d’autres territoires.
+ d’infos : www.ademe.fr et www.ademe.fr/ile-de-france

 

INTERVIEW : Pascal Wirth, Président de BancTec France (Marne-la-Vallée)
“Le Développement Durable est le meilleur des business plans. Il permet à une entreprise de prendre en compte l’ensemble des enjeux. Quand on court, mieux vaut regarder droit et loin devant.”
Pascal Wirth, Président de BancTec France.

En 2007, quand vous avez “inauguré” le programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne”, vous aviez déjà beaucoup fait au sein de votre entreprise et reçu plusieurs distinctions. Quelle était donc votre motivation ?
P.W. : Je voulais transmettre notre expérience et poursuivre sur notre dynamique. Les années précédentes, nous avions été retenus pour expérimenter la norme SD 21000 qui est devenue aujourd’hui ISO 26000.

Que diriez-vous à un chef d’entreprise qui hésiterait à se lancer ?
P.W. : Que le Développement Durable est le meilleur des business plans dont il peut rêver pour sa société. Il permet de prendre en compte tous les enjeux, de se poser les bonnes questions et de mettre en place des solutions globales et prospectives. Quand on court, mieux vaut regarder droit et loin devant. Cela évite de tomber !
Quels sont les pièges à éviter ?
P.W. : D’abord, vouloir se débrouiller tout seul. Il est indispensable de disposer en interne d’un pilote formé et expérimenté, ou au moins, d’être bien accompagné. D’où l’intérêt du programme de Seine-et-Marne Développement. Ensuite, agir précipitamment. Pour partir, il faut être volontaire pour établir un diagnostic, identifier les enjeux majeurs, établir un plan d’action, se doter de moyens de mesures et adapter sa gouvernance. Il ne faut pas non plus vouloir tout faire à la fois. Enfin, il ne faut pas faire que de l’environnemental, du “green”, en négligeant les enjeux économiques et sociaux.

LA “PROMOTION” 2011 NE MANQUE PAS D’AMBITION

Lir Packaging a rejoint le programme “PME et Développement Durable” en 2011.

 

 

 

 

 

 

 

Certaines des sociétés qui rejoignent le programme “PME et Développement Durable” cette année ont déjà des actions à faire valoir et veulent leur donner une cohérence. D’autres démarrent avec la volonté de mettre les bouchées doubles.

Quand la société ATES (fabrication de stores et de protections solaires)
a fait appel à candidature auprès de ses salariés pour constituer l’équipe “PME et Développement Durable”, une quinzaine de personnes se sont proposées. “C’est un très bon signe qui traduit notre volonté d’agir, se réjouit Alain Schorer, directeur administratif et financier de la société. Dans notre secteur d’activité, nous sommes notamment confrontés à la gestion de chutes en aluminium ou en PVC. En lien avec nos fournisseurs, nous avons une belle marge de manœuvre. Encore faut-il avoir une méthode. C’est tout l’objet de notre participation au programme proposé par Seine-et-Marne Développement.”

Des entreprises déjà engagées

Lors de la première réunion collective de la “promo 2011”, fin juin, le dirigeant d’ATES a pu constater que les motivations et les attentes des sept sociétés présentes(1) n’étaient pas identiques. Pour Lir Packaging (production et décoration d’emballages pour la cosmétique de luxe) par exemple, le Développement Durable n’est pas une nouveauté. La PME a déjà beaucoup investi ces dernières années. “Depuis trois ans, nous dépensons plus de 0,3 M€ chaque année pour modifier nos outils de production afin d’intégrer des matières premières recyclables telles que les granulés de plastique”, détaille son président Alain Menut. La société a également fait une chasse drastique aux déchets et rebuts de production non recyclés. Gain en 2010 : 40 000 €. “Nous rejoignons le programme « PME et Développement Durable » pour mieux structurer nos actions, leur donner une cohérence par la définition d’une véritable stratégie globale, explique Alain Menut. Nous comptons aussi nous faire aider dans la réalisation d’un bilan carbone.
Et plus largement, nous voulons inciter nos 60 salariés à s’approprier la démarche à titre professionnel et personnel.”

(1)ECOBAT77 (Le Châtelet-en-Brie), ATES (Saint-Pierre-lès-Nemours), Lir Packaging (Provins), la Sablière du Port-Montain (Hermé), Sylumis (Lieusaint), Thévenet SA (Tournan-en-Brie) et Vitassistance (Noisiel).

PROMOUVOIR UNE ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE
En choisissant d’associer à son programme le cabinet ESPERE, Seine-et-Marne Développement a clairement marqué sa volonté de ne pas restreindre son approche du Développement Durable à sa seule thématique environnementale.
Cette Société COopérative et Participative (SCOP), hébergée à sa création dans les locaux de l’Institut Supérieur d’Ingénierie et de gestion de l’Environnement de Fontainebleau (ISIGE – École des Mines de Paris), a contribué à la réalisation de l’étude initiale sur la désindustrialisation du Sud Seine-et-Marne qui a conduit à la création du programme. Depuis sa mise en place, elle assure l’accompagnement des entreprises aux côtés de TNS France. “Nous sensibilisons les PME participantes aux dimensions sociétales du Développement Durable sur des thématiques chères à l’économie sociale et solidaire, explique son responsable François Raguenot. Les notions de gouvernance et de démocratie d’entreprise, de gestion de la santé et de la sécurité au travail ou d’intégration des personnes en difficulté peuvent, elles aussi, être structurantes et participer au développement d’une entreprise.” PROCARS SA (transports – Provins) s’est par exemple dotée d’un comité de Développement Durable qui fonctionne comme une véritable instance de participation des salariés.

 

INTERVIEW : Christine Specte, Directrice générale déléguée de Sylumis (Lieusaint)
“Je veux mettre mes pratiques professionnelles en cohérence avec mes convictions personnelles en faveur du Développement Durable.”
Christine Specte, Directrice générale déléguée de Sylumis (Lieusaint)
Le programme “PME et Développement Durable en Seine-et-Marne” s’imposait-il pour une PME spécialisée dans les éclairages basse consommation ?
C.S. : C’est sans aucun doute une attente très forte de nos clients. Récemment, Alsthom nous a fait signer une charte Développement Durable pour nos fournitures au tramway “vert” qu’il va apporter à Tours. Les grands groupes ont pris les devants. À nous de leur emboîter le pas.
Vous ne partez pas de rien. Quelles ont été vos actions par le passé ?
C.S. : J’en citerai trois : le développement de produits toujours plus performants, le tri et la diminution des déchets et la mise en place d’un système de covoiturage du personnel avec remboursement des frais d’essence. Mais nous pouvons aller plus loin. J’attends beaucoup de ce programme et des experts qui vont nous faire partager les expériences des participants précédents.
Avez-vous déjà identifié des marges de progrès ?
C.S. : Je citais la charte que nous avons signée. À notre tour, nous allons demander à nos fournisseurs et sous-traitants de s’engager. Nous allons aussi rejoindre la filière de recyclage RESYLUM qui prendra en charge les produits obsolètes de nos clients. Nous pouvons aussi imaginer des emballages réutilisables et mieux maîtriser nos flux produits. Ils se promènent beaucoup trop et nous devons privilégier la proximité dans le choix de nos fournisseurs et sous-traitants.

SOURCE
Trajectoires n° 22 – SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011

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Format : 08/2017
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