Publié le 24/03/2011

CEREEP-ECOTRON ILEDEFRANCE : UN JARDIN EXTRAORDINAIRE !

Installé à Saint-Pierre-lès-Nemours, le CEREEP-Ecotron IleDeFrance offre un formidable terrain d’expérimentation aux spécialistes de l’écologie. Depuis 2008, un nombre croissant de chercheurs viennent y manipuler et observer animaux, végétaux, micro-organismes et écosystèmes.

Installé à Saint-Pierre-lès-Nemours, le CEREEP-Ecotron IleDeFrance offre un formidable terrain d’expérimentation aux spécialistes de l’écologie. Depuis 2008, un nombre croissant de chercheurs viennent y manipuler et observer animaux, végétaux, micro-organismes et écosystèmes.

"L’objectif du centre : permettre à des chercheurs écologues de faire de l’expérimentation."
Jean-François Le Galliard, chercheur au CNRS et directeur du centre

 

 

 

 

 

Saint-Pierre-lès-Nemours, les anciens communs du château de Foljuif, au sud du massif de Fontainebleau. À l’entrée, une discrète plaque de marbre annonce : "station biologique de Foljuif. Donation Martelli Chautard", du nom d’un amoureux de la nature, écologiste avant l’heure, qui a fait don de sa propriété de 80 ha à l’école Normale Supérieure (ENS) dans les années soixante.
Ces abords surannés sont trompeurs. L’endroit accueille depuis 2008 une plateforme de recherche d’envergure internationale, consacrée à l’écologie expérimentale : le CEREEP-Ecotron IleDeFrance, une "unité mixte de services", commune à l’ENS et au CNRS.

L’objectif du centre : permettre à des chercheurs écologues de faire de l’expérimentation. "Nous leur offrons des plateformes expérimentales pour l’étude des systèmes écologiques simples ou complexes, aquatiques et terrestres", explique Jean-François Le Galliard, chercheur au CNRS et directeur du centre. Cela va de l’étude en microcosmes des bactéries du sol et de la manière dont elles régissent le recyclage de la matière organique, jusqu’à des problématiques en milieux naturels, comme par exemple l’impact de la diversité d’un couvert végétal sur sa productivité. Impossible, jusqu’alors, de développer un seul outil expérimental qui soit capable de répondre à toutes ces questions. Les équipes du centre ont donc développé deux grands dispositifs :

Le CEREEP
Le Centre de Recherche en écologie Expérimentale et Prédictive est lui-même composé d’un ensemble de plateformes techniques : une serre de recherche servant à manipuler plantes et insectes polinisateurs, une suite d’enclos dans lesquels sont maintenues des populations animales, des volières et des milieux naturels. Par ailleurs, une grande plateforme d’écologie aquatique Planaqua (cf. encadré), est actuellement en cours de développement.

L’Ecotron IleDeFrance
Ce second dispositif se charge, lui, d’amener la nature dans le laboratoire. Il repose sur le principe de l’Ecolab, une chambre climatique hautement contrôlée. "Un dispositif complètement innovant mis au point en 2006 par notre équipe technique du CNRS", décrit Jean-François Le Galliard. "L’Ecolab est une chambre de 5 m2 au sol et de 2,2 m de hauteur, capable de simuler les changements que l’homme impose à l’environnement et d’observer la réponse du milieu, de l’écosystème, en particulier de sa composante vivante".

L’élaboration de l’Ecolab a nécessité un partenariat avec des industriels. "Nous avons rédigé un cahier des charges auquel nos partenaires se sont attelés". Par exemple, pour l’éclairage, il fallait un matériel qui à la fois supporte des climats très variables et ne chauffe pas trop. Une collaboration avec les entreprises Cesbron et Versatel a permis de mettre au point un système combinant des leds (diodes électroluminescentes) sur une carte électronique. La modeste "station biologique" des débuts est donc loin.
Le CEREEP-Ecotron IleDeFrance, dont le développement a été financé par la Région Île-de-France depuis 2005, intéresse un nombre croissant de chercheurs, tant l’écologie est un enjeu d’avenir. Pour preuve, cette visite récente de Valérie Pécresse, l’actuelle ministre de la Recherche.
 

PLANAQUA

Planaqua pour PLAteforme NAtionale d'écologie AQUAtique, un projet d’équipements de recherche destiné à manipuler des écosystèmes aquatiques. Coordonné par l'ENS et le CNRS, il est doté par l’État d’un budget du Grand Emprunt de 3,2 millions d’euros pour dix ans. Il se décline sur trois dimensions : des petits volumes de quelques décilitres ou quelques litres, des volumes d’un ou d’une dizaine de m3, des lacs artificiels de plus de 500 m2. Cette déclinaison offrira une complexité de plus en plus grande, des petits organismes jusqu’aux poissons piscivores.
 

SOURCE

Trajectoires n° 20 – AVRIL-MAI 2011

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Format : 11/2017
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