Chantal Etédali
Publié par Chantal Etédali
le 26/02/2013

Les progrès du numérique devancent ceux de la santé

Que ne fait-on pas pour aider le grand public à garder la bonne santé, une belle silhouette et, pourquoi pas, acquérir l'éternelle jeunesse !

Sans que l'un d'entre eux ait démontré que ces trois objectifs étaient conciliables, les industriels qui conçoivent les smartphones ont équipé ces derniers d'applications « e-health », d'adaptateurs contrôlant le poids, le taux de graisse pondérale (BMI, pour Body Mass Index), la qualité et la durée du sommeil, la pression sanguine, le taux de cholestérol, l'énergie physique dépensée au cours de la journée, etc. Les industriels en composants électroniques sont ravis, car un marché nouveau s'est ouvert permettant la vente massive d'accéléromètres, d'électro-encéphalographes, d'enregistreurs et de capteurs en tout genre. Qu'ils demeurent encore sous le régime du déremboursement, ces gadgets se vendent bien et les commerciaux en services de coaching de santé sont optimistes. La prétendue médecine préventive, avec Qualcomm Life, Body Media, US Preventive Medicine, Fitbit, etc., propose au monde entier ses premières offres de service. Mais, s'agissant des objectifs annoncés, que faut-il entendre par « belle silhouette, bon équilibre, longue vie » ? Sur ces thèmes, que personne n'oserait présenter comme compatibles, les avis divergent : les Vénus de Renoir bénéficient-elles de la longévité des mannequins de la haute couture ? Y a-t-il un lien entre obésité et mortalité, se demande The New York Times ? Des experts médicaux s'interrogent sur le bien fondé du suivi de l'indice de masse corporelle et d'autres fulminent à propos de la philosophie diffusée par la presse sur les soi-disant « bons et mauvais cholestérols ». « La graisse sous la peau est préférable à la graisse mêlée au sang », disent les uns. D'autres comparent les silhouettes de sportifs de haut niveau, du lanceur de poids et du rugbyman à celle du champion cycliste et estiment que la graisse protège les personnes d'un certain âge. Si les opinions divergent sur la façon de conduire son existence, chacun reconnaît également qu'il y a bien des façons de se sentir à son aise. En bref, si l'électronique embarquée dans les terminaux portables permet d'effectuer des mesures biométriques dont la portée réelle est douteuse, l'art médical se trouve en retard puisqu'il n'a pas encore été en mesure de définir une métrique orthodoxe et des repères indiscutables pour la santé et la longévité. Pour le moment, le seul reproche adressé à ce secteur des gadgets de e-santé en pleine expansion, porte sur l'absence de confidentialité des informations personnelles enregistrées dans le portable, certains pirates s'étant fait une joie de relever les caractéristiques des battements de cœur de plusieurs hommes politiques lors de leurs exercices physiques matinaux. Les données personnelles s'envolent !
http://spectrum.ieee.org/
www.nytimes.com/

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