Harold CHENARD
Publié par Harold CHENARD
le 06/02/2013

Les industriels français s’engagent pour une chimie plus durable

Début janvier, l'Ademe et l'Union des industries chimiques (UIC) ont signé un accord-cadre afin de mettre en œuvre des actions permettant de « favoriser, déployer, renforcer et valoriser des démarches environnementales dans les industries chimiques en France ». Hélène Bouillon-Duparc du blog Capteur d'Avenir (Pollutec) revient sur les trois axes spécifiques et les engagements transversaux de ce texte.

Optimiser l'utilisation des ressources

Un axe important lié à l'objectif d'optimisation de l'utilisation des ressources vise à développer de nouvelles ressources, notamment par la chimie du végétal. L'UIC s'engage à soutenir les industriels dans leurs démarches pour intégrer au moins 15 % de matières premières « bio-sourcées » dans leurs produits en 2017. Elle va également contribuer au développement d'outils méthodologiques pour réaliser des évaluations multicritères, promouvoir les Acv de produits bio-sourcés, favoriser le développement d'indicateurs de reconnaissance de ce type de produits ou encore soutenir l'augmentation du recyclage des matières plastiques.

Réduire les émissions et les impacts environnementaux

Un autre axe important concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des impacts environnementaux liés aux activités mêmes de la chimie. Il s'agit d'une part d'améliorer l'éco-efficience des modes de production, c'à-d. l'efficacité avec laquelle l'industrie chimique utilise les ressources naturelles minérales, énergétiques et biologiques. Ceci passe entre autres par la réduction des émissions de GES et des consommations d'énergie (la réalisation de bilans GES ou d'audits énergie constituant une première étape) et par la mise en œuvre de démarches d'écologie industrielle et territoriale, notamment sur les plates-formes industrielles. Il s'agit également d'améliorer les connaissances des impacts des procédés et produits chimiques pour aider à mettre en place des indicateurs environnementaux et à développer l'éco-conception de produits ou de procédés. Par exemple, l'UIC va organiser la mise à disposition de données représentatives de cycle de vie sur la production d'au moins quatre familles de substances chimiques entrant dans des produits de grande consommation (cosmétiques, produits d'entretien et produits pour bricolage).

Changer les modes de transports

Autre axe majeur de cet accord : la réduction de l'impact des transports du secteur. Dans ce cadre, l'UIC s'engage à inciter au moins 15% de ses entreprises adhérentes à signer la future charte « Engagements Volontaires Chargeurs » visant la réduction des émissions de CO2 dans les transports. L'idée principale est de favoriser le report du mode routier – qui représente aujourd'hui 80% des modes de transport dans le secteur – vers le ferroviaire ou le fluvial. Notons cependant que les 44 tonnes à 5 essieux sont autorisés depuis début 2013.

Formation et mobilisation territoriale : des engagements transversaux

Ce nouvel accord-cadre porte aussi sur des engagements plus transversaux comme la formation, les actions territoriales et le soutien à l'éco-innovation. Ainsi, notamment, l'UIC s'engage à mobiliser les entreprises de la chimie par la formation professionnelle : ceci peut passer par l'intégration des dimensions ‘efficacité énergétique' et ‘éco-conception' dans les programmes mais aussi par une réflexion sur l'évolution des référentiels de compétences ou encore la mise au point de modules spécifiques « chimie du végétal ».

L'organisation s'engage également à mobiliser ses adhérents au travers d'actions territoriales menées par ses unions régionales et les délégations régionales de l'ADEME. Elle poursuit par ailleurs sa contribution à la Charte Mondiale « Responsible Care » lancée en 2006 pour renforcer la démarche volontaire mondiale de même nom. Enfin, l'UIC s'engage à soutenir l'éco-innovation dans la chimie mais aussi à valoriser les innovations de la chimie susceptibles d'offrir des solutions environnementales à d'autres secteurs ou applications. L'ADEME publiera dans le courant de l'année une feuille de route consacrée au secteur de la chimie dans le cadre du Programme des Investissements d'Avenir. Entré en vigueur le 1er janvier 2013, l'accord-cadre UIC – ADEME est valable quatre ans. Un bilan sera réalisé tous les ans et rendu public.

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Industrie chimique et environnement

Emissions de GES : Entre 2005 et 2011, l'industrie chimique française a fortement réduit ses émissions de N2O (protoxyde d'azote, un GES au pouvoir de réchauffement 310 fois supérieur au CO2), passant de 6,4 à 0,99 Mtec/an. Les émissions de CO2 sont quant à elles passées de 19 à 17,1 Mtec/an.
Rejets dans l'eau : Dans la même période, la demande chimique en oxygène (DCO, i.e. la quantité d'oxygène nécessaire pour oxyder l'ensemble de la matière organique d'une eau) est passée de 52 550 t/an à 29 500 t/an tandis que la somme de métaux lourds est passée de 160 t/an à 22 t/an
Déchets industriels : La mise en décharge de déchets est passée de 46 800 t/an à 33 000 t/an et l'incinération (+ autres traitements) est passée de 1 023 000 t/an à 840 000 t/an.
A noter : En 2011, l'industrie chimique a connu une croissance de production de 5,9% et elle était le premier exportateur en France avec 53,7 milliards d'euros, soit 62% de son CA global de 86,7 milliards).

 

Souce : http://www.cleantechrepublic.com/

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