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le 26/08/2016

JO 2020 : le Japon veut fabriquer les médailles avec les déchets électroniques

JO 2020 : le Japon veut fabriquer les médailles avec les déchets électroniques

Les organisateurs des prochains Jeux olympiques de Tokyo (2020) ont eu une idée des plus astucieuses pour se procurer l'or, l'argent et le bronze nécessaires à la fabrication des médailles : le recyclage des déchets électroniques dont le pays regorge. Reste à mettre en place un système de collecte efficace.

Le 24/08/2016 par Futura-Sciences

Le Japon gagnera-t-il son pari de fabriquer les médailles des Jeux olympiques de Tokyo à partir des métaux précieux extraits des déchets électroniques ? © Lodimup, Shutterstock

 

Alors que les Jeux olympiques de Rio viennent juste de s'achever (prochain rendez-vous sportif, les Jeux paralympiques, du 7 au 18 septembre), tous les regards se tournent désormais vers le Japon. Le pays du soleil levant, qui accueillera les prochains jeux d'été de 2020, est déjà à pied d'œuvre pour organiser cette grande fête du sport. Parmi les très nombreux défis pratiques à relever, figure celui de fabriquer les médailles d'or, d'argent et de bronze que les athlètes victorieux arboreront fièrement à l'issue des épreuves. Un défi qui peut sembler anodin mais qui n'en est pas moins capital.

Habituellement, les organisateurs des JO s'adressent aux compagnies minières pour leur demander de fournir ces métaux précieux qui serviront à la fonte de ces illustres breloques. Or, le Japon est pauvre en ressources naturelles et ne peut donc pas vraiment compter sur cette source d'approvisionnement. Le pays dispose toutefois d'une richesse insoupçonnée qu'il appelle sa « mine urbaine ». Il s'agit des millions de petits appareils électroniques, smartphones, objets connectés,ordinateurs, baladeurs numériques, etc. dont les Japonais raffolent et qui contiennent tous des métaux précieux.

Si le Japon est pauvre en ressources minières, le pays dispose de réserves d'or, d'argent et de bronze cachées dans ses déchets électroniques. © Huguette Roe, Shutterstock

 

650.000 tonnes de déchets électroniques chaque année au Japon

Un article du quotidien Nikkei nous apprend que, justement, les organisateurs des Jeux olympiquesde Tokyo et le gouvernement japonais voudraient exploiter le recyclage des déchets électroniquesafin de récolter l'or, l'argent et le bronze nécessaires à la fabrication des médailles. Et il y a largement de quoi faire ! En effet, selon les chiffres cités, en 2014, le recyclage a permis de récupérer 143 kilos d'or, 1,5 kilo d'argent et 1,1 tonne de cuivre. À titre indicatif, pour les JO de Londres en 2012, il avait fallu 9,6 kilos d'or, 1,2 kilo d'argent et 700 kilos de cuivre.

En fait, la quantité d'or et d'argent que contiennent les déchets électroniques confère au Japon l'équivalent respectif de 16 et 22 % des ressources mondiales. Cependant, il y a deux problèmes. D'une part, les métaux précieux issus du recyclage des déchets électroniques sont déjà réutilisés pour fabriquer de nouveaux produits. D'autre part, la collecte des petits appareils électroniques auprès des particuliers n'est pas encore assez efficace. Une loi instaurée en 2013 n'a permis de récolter que 100.000 tonnes sur les 650.000 tonnes de déchets électroniques générés chaque année.

Les autorités espèrent profiter de l'effet Jeux olympiques pour en appeler au patriotisme, que les Japonais ont chevillé au corps. Des entreprises du secteur privé, comme ReNet Japan et Obu, ont été sollicitées pour proposer des solutions de collecte simples et attrayantes et communiquer auprès des particuliers sur le thème « vous aussi, participez à la réussite de nos Jeux ». Certainement un bon moyen d'initier des réflexes vertueux qui perdureront. Une idée dont la ville de Paris pourrait peut-être s'inspirer pour sa candidature aux Jeux olympiques de 2024...

 

À découvrir en vidéo autour de ce sujet :

http://www.dailymotion.com/f851a5df-827b-4103-aab1-de47c6e93027

Devant leur abondance, le recyclage des objets électroniques est un défi posé par le développement durable. François Moisan, directeur exécutif de la stratégie et de la recherche de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), nous parle des solutions envisagées pour y répondre.

 

 

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